Après avoir présenté les résultats de l’enquête Santé affective et sexuelle lors de la journée dédiée le 30 juin, le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale dévoile les problématiques et les pistes à explorer.
La première enquête nationale sur la santé affective et sexuelle (SAS) a livré ses résultats à l’occasion de la journée «Santé affective et sexuelle : réseautage et dévoilement de la première enquête nationale». Réalisée en 2025 auprès de 2 371 résidents âgés de 18 ans et plus, elle permet de mieux comprendre la réalité des comportements de la population en matière de santé affective et sexuelle et d’identifier les besoins en termes de première expérience, de lutte contre les discriminations, d’information sur les IST et la contraception, de consentement ou encore d’éducation. Six thématiques clés déclinées pour orienter les futures actions de santé publique.
Et l’enquête, si elle met en lumière les avancées, met aussi en évidence les défis importants qui restent à relever, notamment en matière de prévention des infections sexuellement transmissibles : seuls 53 % des répondants ont déclaré s’être protégés lors du premier rapport, un chiffre qui tombe à 28 % au cours des 12 derniers mois (16 % avec chaque partenaire, 12 % parfois mais pas tout le temps). Paradoxalement, 85 % du panel de résidents interrogés estiment être bien informés sur les IST. Des connaissances pourtant approximatives : 14 % des sondés pensent par exemple qu’il est possible de contracter une IST en buvant dans le verre d’une personne séropositive et 11 % ne savent pas répondre à la question.
On constate également que la lutte contre les discriminations reste un enjeu de société : 12 % des personnes interrogées indiquent avoir déjà subi des remarques, questions ou jugements négatifs liés à leur sexualité ou à l’expression de leur genre. De la même manière, la prévention contre les violences sexuelles est encore l’un des défis majeurs à relever pour la santé publique. 69 % des femmes ont déjà eu des rapports sexuels (sans pression de leur partenaire) alors qu’elles n’en avaient pas vraiment envie et 45 % d’entre elles se sont senties poussées à réaliser des actes sexuels qu’elles n’avaient pas envisagés ou désirés en raison de la pression de leur partenaire ou par surprise. Près d’une femme sur deux a donc subi un acte sous une forme de contrainte, un chiffre alarmant venant gonfler celui des victimes de viols (8 % des femmes sondées).
L’éducation en matière de consentement reste donc à construire, au même titre que celle sur la contraception : si 91 % des personnes interrogées estiment être bien informées, plus d’un tiers des répondants (38 %) ignore que la contraception est désormais gratuite. Une situation préoccupante qui montre l’écart entre les cours en santé affective et sexuelle dispensés et les besoins des résidents : près de la moitié ayant bénéficié d’une éducation à la santé estime que ces cours ont répondu faiblement ou moyennement à leurs questions. Les thématiques abordées (reproduction, anatomie, puberté, méthodes de contraception) sont souvent déjà connues et certains sujets mériteraient, selon les personnes interrogées, d’être plus approfondis : le consentement, la pornographie, le cyberharcèlement, et en premier lieu parmi eux les violences sexistes ou sexuelles (41 % des 1 043 résidents ayant bénéficié de cours d’éducation à la SAS auraient souhaité aborder le sujet).
69 % des répondants ont eu leur premier rapport sexuel avant 18 ans, dont la majorité entre 16 et 18 ans (49 %).
Dans 85 % des cas, ce premier rapport était consenti (77 % seulement chez les femmes).
75 % des 18-24 ans ont utilisé une méthode pour se protéger des IST lors de ce premier rapport (53 % sur la population générale).
56 % ont réalisé un ou plusieurs tests de dépistage des IST au cours de leur vie (34 % seulement chez les 18-24 ans).
15 % déclarent avoir déjà contracté une IST au cours de leur vie.
12 % des sondés ont subi des remarques négatives liées à leur sexualité ou à l’expression de leur genre.
68 % des sondés indiquent avoir utilisé un moyen de contraception lors de leur premier rapport sexuel.
17 % des femmes déclarent avoir eu recours à au moins une interruption volontaire de grossesse (IVG) au cours de leur vie.
69 % des 18-24 ans ont bénéficié de cours en santé affective et sexuelle (44 % en population générale).
49 % des sondés ayant assisté à un cours de SAS ont noté moyen ou faible le niveau de réponse apporté.
Le ministère de la Santé précise toutefois que plusieurs mesures ont déjà été mises en œuvre pour renforcer les droits sexuels et reproductifs : le programme de gratuité de la contraception, l’inscription de la liberté d’avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution ou encore la suppression du délai obligatoire de réflexion avant une IVG. «Par ailleurs, les actions portent sur le développement d’outils d’éducation et de sensibilisation tels que « Let’s Talk about Sex!« , l’intégration de la santé affective et sexuelle dans le nouveau plan d’études de l’enseignement fondamental, et le renforcement du dispositif d’aide aux victimes de violences via le Centre national pour victimes de violences.»