Un grand blessé du tennis de retour en huitièmes à Wimbledon : le Bulgare Grigor Dimitrov renaît de ses cendres sur le gazon londonien, un an après un abandon cruel contre le n°1 mondial Jannik Sinner, qu’il menait deux sets à rien.
Dans les allées de l’All England Club, personne n’a oublié le drame qui s’est joué sur le Central le 7 juillet 2025.
À 34 ans passés, l’ex-n°3 mondial était à quelques jeux de terrasser le patron du circuit, blessé à un coude depuis le début du match.
Mais après un ace, le Bulgare s’était soudain accroupi sur le court, agrippant sa poitrine de douleur.
Victime d’une déchirure d’un muscle pectoral, Dimitrov avait quitté le court en larmes après ce cinquième abandon de suite en Grand Chelem.
Après cette terrible blessure, «les premières frappes, les premiers entraînements étaient extrêmement difficiles», a raconté à Londres le vainqueur du Masters 2017.
«J’avais beaucoup de flashbacks, la seule pensée de revenir sur le court et de frapper me faisait peur. Quand je lançais la balle pour servir (…) une drôle de petite voix intérieure me disait « attention, si je la frappe trop fort », une rechute pourrait survenir», a expliqué ce joueur très populaire auprès des spectateurs et connu pour son élégant revers à une main.
De retour sur le Central samedi, Dimitrov a commencé à chasser ses démons. Tombeur en cinq sets d’un autre abonné aux blessures, l’Italien Matteo Berrettini (51e), le Bulgare de 35 ans s’est offert le droit de disputer un nouveau huitième de finale à Wimbledon, lundi contre le Britannique Arthur Fery (114e).
Revenu fin octobre 2025 sur le circuit ATP, au Masters 1000 de Paris dont il avait atteint le deuxième tour avant de déclarer forfait, l’actuel 146e joueur mondial a connu une première partie de saison sans relief.
Une victoire en janvier au modeste tournoi de Brisbane, une autre en mars au premier tour du Masters 1000 d’Indian Wells, et un chapelet de défaites au premier tour : fin mai, après une douloureuse défaite au premier tour des qualifications pour Roland-Garros, le bilan était famélique.
Invité par les organisateurs
Le début de la courte saison sur gazon lui a permis de retrouver des couleurs : quart-de-finaliste mi-juin au Challenger de Dublin, un tournoi du circuit secondaire où il avait notamment battu Chris Rodesch, Dimitrov a enchaîné avec un autre quart de finale à l’ATP 250 de Majorque.
«Ces matches ont été très importants pour moi», a-t-il soutenu à Wimbledon. «J’ai eu l’occasion de disputer six matches en dix jours, ça ne m’était plus arrivé depuis un an», a souligné le droitier.
Dispensé de qualifications à Wimbledon grâce à une invitation octroyée par les organisateurs du tournoi, le nonuple vainqueur de tournois ATP a réussi une première performance au deuxième tour, en s’offrant le demi-finaliste de Roland-Garros Jakub Mensik (18e).
En cas de victoire contre Fery, il réalisera son meilleur parcours depuis douze ans à l’All England Club, où il avait atteint le dernier carré en 2014.
Dimitrov reste sur une série de trois défaites en huitièmes de finale à Wimbledon : à la régulière contre le Danois Holger Rune en 2023, puis sur abandon en 2024 contre Daniil Medvedev et un an plus tard face à Sinner.
«Je sais que ça va sonner comme un cliché, mais les résultats sont devenus secondaires pour moi», a assuré le triple demi-finaliste en Grand Chelem (Wimbledon 2014, Open d’Australie 2017, US Open 2019).
«Après tout ce que j’ai traversé ces douze derniers mois, tout est différent pour moi», a exposé Dimitrov, avant qu’un journaliste lui demande si gagner le titre à Wimbledon était «faisable».
«Avec une raquette en main, tout est possible», a-t-il malicieusement botté en touche.