Accueil | A la Une | «Nos infrastructures ne sont pas adaptées à la canicule»

«Nos infrastructures ne sont pas adaptées à la canicule»


La ministre de la Santé, Martine Deprez, veut tirer les leçons de la canicule de la semaine passée. (Photo : julien garroy)

Après la canicule de la semaine dernière, le gouvernement tire les premiers enseignements et prépare déjà de nouvelles mesures pour mieux protéger les patients les plus vulnérables.

Le Luxembourg entend tirer rapidement les leçons de l’épisode caniculaire de la semaine dernière. Auditionnée mercredi devant la commission de la Santé et de la Sécurité sociale, la ministre de la Santé, Martine Deprez (CSV), a dressé un premier bilan de la gestion de la crise et esquissé des pistes d’amélioration en vue des prochaines vagues de chaleur.

Premier constat : aucun excès de mortalité n’a, à ce stade, été observé. Selon la ministre, il n’existe «aucune indication pour une surmortalité au Luxembourg», même si les autorités sanitaires poursuivent l’analyse des certificats de décès afin d’identifier d’éventuels cas indirectement liés à la chaleur.

Face aux interrogations des députés sur l’efficacité des mesures déployées, Martine Deprez a défendu l’action des autorités. Le plan canicule aurait été «activé à temps» et aurait permis que la situation soit «maîtrisée».

Les parlementaires se sont néanmoins interrogés sur la nécessité d’actualiser ce dispositif face à des épisodes de chaleur appelés à devenir plus fréquents et plus intenses.

Les discussions ont également porté sur l’absence de cellule de crise spécifique. La ministre a expliqué que la coordination avait été assurée par la Cellule d’évaluation des risques intempéries et inondations (CERI).

Les services de santé avaient notamment jugé indispensable que la situation météorologique soit classée en «alerte rouge» afin de mobiliser les moyens nécessaires dans un contexte marqué par les célébrations de la fête nationale.

Une «stratégie de climatisation»

L’un des principaux enseignements de cet épisode concerne toutefois les capacités d’accueil des établissements de santé. «Nos infrastructures ne sont pas adaptées à la canicule», a reconnu Martine Deprez devant les députés.

Pour y remédier rapidement, le gouvernement prévoit notamment de doter les structures de soins de climatiseurs mobiles. Une «stratégie de climatisation» doit être présentée dans les prochaines semaines afin d’améliorer la résilience des établissements face aux fortes chaleurs.

Au-delà des infrastructures hospitalières, les élus ont également abordé la protection des personnes les plus vulnérables.

Les échanges ont ainsi porté sur le renforcement de l’accompagnement des personnes sans domicile fixe, la création éventuelle d’un «SAMU social», les initiatives menées par les communes ainsi que la protection des résidents des structures provisoires accueillant des demandeurs de protection internationale.

La question de l’isolement des personnes fragiles a également été soulevée, plusieurs députés estimant nécessaire de renforcer les dispositifs de veille sociale lors des épisodes caniculaires.

Enfin, la commission s’est penchée sur la possibilité de créer une réserve sanitaire mobilisable lors de crises majeures. Un dispositif qui avait été largement évoqué pendant la pandémie de Covid-19, mais qui ne dispose toujours pas, à ce jour, d’une base légale permettant son activation dans un cadre plus large.

A lire aussi

Refroidir, autrement

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.