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Le chantier s’enlise

Le logement, le logement et encore le logement. L’éternel chantier peine aussi à avancer sous le gouvernement CSV-DP, en dépit de plusieurs paquets de mesures et de la mise en place d’incitatifs fiscaux pour les investissements des promoteurs privés.

Le 19 mai, lors de sa déclaration sur l’état de la Nation, le Premier ministre, Luc Frieden, a formulé une promesse osée au vu des circonstances : «Activer tous les leviers (pour) construire plus, et plus rapidement, afin d’offrir à chacune et chacun une chance d’accéder à un logement abordable.»

Pour atteindre cet objectif, les promoteurs publics ont un rôle majeur à jouer. Malgré les efforts consentis et la hausse conséquente des budgets mis à leur disposition, le Fonds du logement n’a livré que 116 nouvelles unités en 2025.

Les mises en chantier ont toutefois fortement progressé, passant de 638 en 2024 à 1 227 en 2025. Le but est d’achever plus de 200 logements par an. La liste d’attente dépasse largement les 7 000 demandes. Celle de la Société nationale des habitations à bon marché (SNHBM) compte, elle, 5 700 demandes.

Les mises en chantier y sont également en nette hausse (437 unités, soit +57 %) et 1 335 logements sont en construction. La seule réserve foncière de la SNHBM permettrait de bâtir plus de 3 000 logements supplémentaires. Le prochain objectif est de livrer 400 nouveaux logements par an, contre 288 en 2025.

La tripartite a décidé de mettre en place un «Comité de suivi du logement». Son apport concret reste à prouver. L’Union des syndicats OGBL-LCGB avait plaidé pour la création d’un fonds spécial doté de 7 milliards d’euros afin de construire ou d’acquérir 10 000 logements sur cinq ans.

Les minima sont fixés à 2 000 unités par an. Le besoin réel se situe entre 6 000 et 6 500 unités, un objectif que s’était aussi fixé le Premier ministre. La piste avancée par les syndicats est radicale, mais mérite d’être étudiée de près.

La coopération avec les promoteurs privés devra être renforcée, sans leur offrir des superprofits. Et puis, le temps presse pour mettre enfin en vigueur les taxes sur les terrains et logements laissés vides à des fins de spéculation. Les textes sont prêts depuis fin 2022. Le chantier est à l’arrêt.

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