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Énergie : les prix grimpent, les habitudes changent


Marc Kohll, chef du service statistiques de l'ILR, a notamment souligné la hausse de 31% de la facture d'électricité. (Photo : fabrizio pizzolante)

Le rapport 2025 de l’Institut luxembourgeois de régulation sur l’électricité et le gaz démontre une hausse des factures et de la consommation, accompagnées par de nouvelles tendances dans la production d’énergie.

L’électricité et le gaz, deux postes de dépenses majeurs pour les ménages et les professionnels, sont passés au crible de l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR) qui a publié ce mardi son rapport sur la consommation en 2025. Très impactés par les décisions politiques nationales et le contexte géopolitique, les marchés de l’électricité et du gaz sont particulièrement instables. «Les statistiques ne nous surprennent pas, car nous suivons les chiffres régulièrement, mais quelques tendances sont apparues», fait savoir Marc Kohll, chef du service statistiques de l’ILR. En voici un résumé point par point.

La facture d’électricité augmente de 31 %

Pour l’électricité, 2025 aura été marquée par la hausse de 31,4 % du prix pour un client résident moyen. La raison ? La variation du prix par MWh (mégawattheure) de la fourniture intégrée, soit le prix final facturé au client. Ce dernier s’élevait à 266,5 euros par MWh l’an dernier, contre 202,7 euros par MWh en 2024. «Cela s’explique par une augmentation des frais de réseau et une baisse des aides étatiques», fait savoir Marc Kohll, tandis que le prix pour tous clients confondus (résidentiels et professionnels) a pourtant diminué de 10,68 % sur la même période.

Pour le gaz naturel, le constat est similaire. En un an, le prix de la fourniture intégrée (frais de réseau, les taxes et aides étatiques) a «nettement augmenté» en grimpant de 10,9 %, de 82,4 euros à 91,4 euros par MWh. Soit un niveau supérieur de près de 74 % à celui de 2021, avant le début du conflit en Ukraine qui a bouleversé le marché.

Le photovoltaïque, première source d’énergie

En un an, le photovoltaïque a connu une croissance fulgurante en devenant la première source d’électricité du pays. Grâce à une hausse de 74,3 % sur base annuelle, sa production a atteint les 627 GWh, détrônant l’éolien et sa production de 467 GWh. La puissance totale des 33 304 installations (+47,3 % en un an) représente ainsi une puissance totale de 746 MW, soit 35,8 % de plus qu’en 2024.

«C’est une tendance voulue et l’on commence à en mesurer l’ampleur», estime le spécialiste de l’ILR, notamment grâce aux aides financières pour les installations de panneaux, dont la récente option de préfinancement. Tandis que «la production de l’éolien et de la biomasse est restée au même niveau», la hausse du photovoltaïque permet d’augmenter la production renouvelable de 23 % en un an, avec un total de 1 711 GWh sur 1 826 GWh.

La tendance de l’autoconsommation

L’autoconsommation d’électricité, cette énergie que l’on produit et consomme, est «un phénomène plutôt récent et qui gagne en popularité depuis deux ans», constate Marc Kohll. La production a doublé en un an, passant de 200 à 440 GWh en étant portée par la croissance du photovoltaïque, puisqu’«aujourd’hui, deux tiers des panneaux sont installés en autoconsommation chez les particuliers ou professionnels».

Tandis que la production des éoliennes peut seulement être injectée dans le réseau, le photovoltaïque s’autoconsomme et se partage également avec facilité : «Il n’y a pas de frais de réseau si l’on veut raccorder son installation à la maison du voisin qui est à moins de 100 mètres». Un tiers des installions sont d’ailleurs équipées de batteries, ce qui permet à leurs propriétaires «de consommer plus tard l’énergie récoltée».

Légère hausse de la consommation

En 2025, la consommation de gaz est restée plus ou moins stable avec 6 857 GWh (+1,54 % sur base annuelle) et demeure encore loin de son niveau avant la guerre en Ukraine, à plus de 8 636 GWh en 2021. Le Grand-Duché reste également dépendant des importations qui représentent 98,5 % de sa consommation, tandis que 44 GWh ont été produits sur le territoire national à partir de biomasse. «Afin d’être moins dépendant des importations, il n’y a pas d’autre solution que de moins consommer de gaz, puisque nous ne pouvons pas en produire localement.»

La consommation brute d’électricité a, elle aussi, légèrement augmenté de 2,98 % en un an. À l’instar du gaz, les 6 529 GWh consommés proviennent majoritairement des importations en provenance de la Grande Région, bien que leur part soit passée de 80 % à 72 % entre 2020 et 2025. En excluant les pertes du réseau, la consommation finale des clients résidentiels (15 %) et non résidentiels (85 %) est de 6 397 GWh.

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