Grâce à plus de 20 000 donateurs, MSF Luxembourg a vu ses dons augmenter par rapport à 2024. Une générosité qui va permettre de financer les actions de l’ONG partout dans le monde.
Entre les crises qui s’accumulent, les structures qui sont attaquées et les financements qui se réduisent, les temps sont durs pour les ONG humanitaires. Médecins sans frontières n’échappe pas à la règle mais peut compter sur le soutien de plusieurs milliers de donateurs pour continuer ses activités et venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin.
La section luxembourgeoise, qui présente cette semaine son rapport d’activité 2025, a ainsi récolté plus de 8,5 millions d’euros, soit une augmentation de 11,8% par rapport à l’année précédente. «Cette action n’est possible que grâce à la confiance et au soutien de toutes celles et ceux qui nous accompagnent», rappelle la présidente de MSF Luxembourg, Engy Ali. L’ONG a en effet pu compter sur 22 779 donateurs, dont 9 300 réguliers, ainsi que sur le soutien de 138 grands donateurs. Cette générosité est nécessaire pour MSF, dont les fonds proviennent à 99,9% de donateurs privés, car elles lui permettent de se passer de tout financement gouvernemental et donc de rester indépendant.
Dans le même temps, l’association a dépensé 8,44 millions d’euros. 78 % de cet argent ont servi à financer des projets humanitaires tandis que 14% ont permis de soutenir les collectes de dons. Les 8% restants ont financé les actions de sensibilisation ainsi que la gestion de l’organisation qui compte 43 salariés et 58 bénévoles.
Un travail toujours plus difficile
Au vu des crises qui se multiplient, en particulier au Moyen-Orient, ces fonds n’ont pas été de trop pour venir en aide aux personnes en détresse. En 2025, MSF est intervenue dans plus de 70 pays, de la Palestine au Soudan, de l’Ukraine à Haïti, ou encore en Afghanistan et au Bangladesh. L’ONG doit en plus compter sur les attaques contre les structures de santé et les violations du droit international humanitaire qui rendent son travail toujours plus difficile. «Nous constatons une réduction de notre espace d’intervention, non seulement sur le plan pratique — avec des États de plus en plus hostiles à notre travail — mais aussi sur le plan des principes, avec un rejet de la solidarité et de l’action humanitaire indépendante», regrette Javid Abdelmoneim, président international de MSF.
Mais l’association a aussi multiplié les actions au Luxembourg pour sensibiliser le public à ses combats. Dix-huit événements ont ainsi été organisés, réunissant plus de 2 200 personnes, comme le Science festival ou le Mapathon, un atelier de cartographie interactive. MSF est également parti à la rencontre des élèves notamment grâce au Call to action, un challenge inter‑lycées qui avait pour but d’éveiller les consciences. A chaque fois, l’objectif est le même : faire entendre les urgences humanitaires et les enjeux de santé publique.
L’antenne du Grand-Duché s’est spécialisée dans la recherche opérationnelle médicale avec une entité appelée LuxOr (pour Operational Research). Celle-ci s’appuie sur des données médicales ainsi que l’observation de projets sur lesquels travaille MSF afin d’apporter une aide aux équipes présentes sur le terrain. 59 études ont ainsi été soutenues et planifiées dans 25 pays différents tandis que 34 autres sont en cours. Elles portent sur des sujets variés comme les questions de migration et de santé, les maladies tropicales négligées ou encore la santé pédiatrique.