Le Luxembourg a vu rouge, très rouge ces derniers jours, mais ça y est : la vigilance est passée au jaune pour ce lundi et la pluie tombée dimanche a quelque peu rafraîchi les esprits. Suffisamment pour commencer à réfléchir à ce qui nous attend ces prochaines semaines, années?
À entendre certains responsables politiques, notamment en France, la climatisation serait devenue LA réponse évidente au réchauffement climatique. Simple. Basique. Presque miraculeuse. Mais c’est faux.
Bien sûr, personne ne conteste son utilité dans les hôpitaux, maisons de soins, certains transports publics ou pour protéger les personnes les plus vulnérables. Mais faire de la climatisation la réponse généralisée aux vagues de chaleur serait une erreur.
Le Luxembourg a choisi une autre voie. Le nouveau Plan national d’adaptation au changement climatique, adopté cette année, ne mise pas sur une généralisation des climatiseurs. Il privilégie des solutions plus durables, comme végétaliser les villes, mieux concevoir les bâtiments, adapter l’espace public.
C’est probablement là que se trouve la véritable réponse. Planter davantage d’arbres dans nos villes, créer des îlots de fraîcheur, installer des fontaines, multiplier les structures d’ombrage, encourager les toitures et façades végétalisées : ces investissements profitent à tous, réduisent durablement la température en ville et améliorent la qualité de vie!
Disons-le : nos villes ont été pensées pour le climat d’hier. Elles doivent désormais être adaptées à celui d’aujourd’hui, et surtout à celui de demain. Cela suppose de considérer la chaleur comme un enjeu d’aménagement du territoire autant que de santé publique. D’écouter les scientifiques qui alertent depuis des décennies.
La climatisation devra garder toute sa place oui, là où elle est indispensable. Mais nous ne pouvons décemment pas transformer chaque bâtiment en bulle climatisée. La meilleure réponse ici n’est pas de vivre davantage à l’intérieur : c’est de rendre nos villes à nouveau habitables, même en plein été.