La réserve qu’il doit s’imposer n’avait pas empêché le Grand-Duc Guillaume, le 3 octobre dernier, lors de sa montée sur le trône, de poser de premiers accents et de faire passer, du moins entre les lignes, des messages aux décideurs politiques. Il avait ainsi déploré le fait que «la guerre et la pauvreté demeurent, hélas, des constantes tragiques». Pour faire face à ces enjeux de taille, le souverain soulignait l’importance de la «stabilité sociale», qui «demeure un atout majeur, tant pour notre société que pour notre économie». Nous nous demandions alors si ces mots constituaient un rappel à l’ordre pour relancer un dialogue social fortement abîmé à ce moment-là.
Mardi, lors de son premier discours pour la fête nationale, le Grand-Duc s’est «particulièrement réjoui» que les partenaires sociaux «se soient retrouvés au début du mois pour redonner vie à l’esprit de dialogue et de compromis qui caractérise le modèle luxembourgeois». Le souverain a mis en avant l’accord tripartite comme un exemple illustrant que «la démocratie, c’est avoir le courage d’aller vers les autres, (…) c’est écouter, débattre et faire des compromis».
Au-delà des messages adressés à la jeune génération, au centre de son discours, Guillaume a souligné les dangers qui guettent, faute de dialogue, la démocratie, la paix et la liberté. «À une époque où la guerre frappe à nouveau notre continent, nous ne pouvons plus – et ne devons plus – considérer la paix en Europe comme un acquis. La paix doit être défendue par la cohésion ainsi que par un engagement sans relâche en faveur de nos valeurs démocratiques. Notre liberté aujourd’hui commence déjà en Ukraine!», a-t-il développé. Le Grand-Duc a poursuivi en soulignant que «notre démocratie et la liberté dont notre société jouit aujourd’hui ne sont pas apparues d’elles-mêmes. Elles sont le fruit de l’engagement et du courage des générations qui nous ont précédés.»
Il serait désormais temps de faire face ensemble, en impliquant étroitement les jeunes, en première ligne face à un monde en ébullition. Avec un chef de l’État qui se place résolument à leurs côtés, l’exemple devra être suivi par ceux qui sont réellement aux manettes pour renforcer la résilience du Luxembourg et de l’Europe.