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TER Metz-Thionville-Luxembourg : une pétition pour alerter le Grand-Duché


Quelque 12 000 personnes empruntent la ligne Metz-Luxembourg au quotidien, d’après la Région Grand Est. (Photo : Philippe Neu)

Les frontaliers usagers du TER se mobilisent autour d’une pétition à l’adresse du Grand-Duché. À l’origine du texte, Matt plaide pour plus d’investissement de la part du Luxembourg et une meilleure communication entre les parties. Rencontre.

Une pétition «pour un plan d’urgence luxembourgeois sur la ligne ferroviaire Metz-Thionville-Luxembourg» porte les revendications d’usagers frontaliers souvent malmenés par des trains supprimés, retardés, surfréquentés. Matt, à l’origine du texte, a rassemblé une communauté autour de publications humoristiques sur la page Facebook «Bétaillère Nancy-Metz-Lux».

Le Nancéien est catégorique, «il faut revoir la convention entre le Luxembourg et la France concernant la gestion de la ligne. L’accord actuel est désuet. On a tendance à taper sur la Région et sur la SNCF quand il y a des problèmes, mais le Luxembourg est tout aussi responsable. Surtout, il faut que les deux se parlent. Pourquoi pas créer une régie commune pour la ligne ?».

Quelles solutions ?

Le pétitionnaire plaide pour un abonnement TGV spécifique sur le créneau Metz-Luxembourg. Pour remédier au manque de places et de trains, il propose de «supprimer les passages à niveau» et demande «l’acquisition rapide de nouvelles rames CFL dédiées à la ligne L90».

Sur cette première question, SNCF Réseau a commencé une étude cofinancée par la Région, l’État français et le Grand-Duché. Pour chacun des sept passages à niveau entre Thionville et la frontière, une suppression impliquerait travaux, réaménagement urbain et ferroviaire, déviations…

L’intéressé ne manque pas de souligner la performance du reste du réseau luxembourgeois : «Cela traduit un manque de considération pour les frontaliers. L’État et les employeurs luxembourgeois bénéficient de leur travail. Beaucoup de salariés n’ont pas d’autre choix. Ils ont besoin de leur salaire et les retards de trains sont une énorme source de stress».

Si le texte réunit plus de 5 500 signatures, Matt pourra présenter ses revendications devant les députés luxembourgeois. Seules les personnes disposant d’un matricule luxembourgeois peuvent signer. Pour le moment, ils sont 2 600 signataires à soutenir le texte.

Son auteur souligne à la fois l’urgence et le besoin d’anticiper les années à venir. «Les anciennes rames normandes ont été achetées en 2019 et n’ont été mises en service qu’en avril 2026. On ne peut pas se contenter de rattraper le retard.»

Les effectifs des frontaliers devraient augmenter de 10 000 personnes d’ici 2030. Pour l’instant, difficile d’imaginer que le réseau ferroviaire et le réseau routier puissent absorber un tel afflux supplémentaire.

Émeline Julia
(Le Républicain lorrain)

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