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[Basket] «Wemby» peut-il réussir l’impossible?


Mis en difficulté par «KAT» et les Knicks, Victor Wembanyama se retrouve face au plus grand défi de sa jeune carrière. (Photo : afp)

NBA Victor Wembanyama, qui a échoué d’un rien à ramener les Spurs à égalité face aux Knicks dans la finale NBA, va devoir montrer de quel bois il est fait mardi à New York s’il veut faire démentir l’Histoire pour écrire la sienne.

L’Histoire? Quelle Histoire? Ni plus ni moins celle qui établit qu’aucune équipe n’est jamais parvenue à être championne après avoir concédé deux défaites à la maison lors des deux premiers matches.

Or Wembanyama, à qui on promet depuis son arrivée en NBA monts et merveilles puis la lune, se heurte depuis le début de cette finale, sa première disputée à 22 ans, à l’impressionnante forteresse de Knicks en quête d’un troisième titre 53 ans après et donc affamés comme jamais.

Pendant un match et demi, «Wemby» a été maté comme rarement par la défense adverse, en particulier Karl-Anthony Towns. Limité à un 6/21 aux tirs, pour un total de 26 points rendu flatteur grâce à 12 lancers francs (sur 13), mercredi lors du premier acte (revers 105-95), le Français ne s’est réveillé qu’en seconde période vendredi, au cours de laquelle il a réussi 22 de ses 29 points, donnant l’impression d’avoir peut-être enfin trouvé la faille dans cette série.

Mais, après avoir sonné la révolte ayant permis de remonter 14 points de retard à six minutes du terme, il a rendu vain ces efforts en trois actions de jeu négatives dans les 60 dernières secondes : une passe précipitée dans le dos de Stephon Castle, suivie d’une faute sur Jalen Brunson qui venait d’intercepter le ballon et a ensuite entré le lancer franc suffisant à New York pour repasser devant (105-104), puis finalement ce tir dans ses cordes, quasiment au buzzer, qui n’a pas fait mouche.

«Cette défaite est pour moi, j’ai clairement foiré», a assumé Wembanyama. «J’ai manqué de clairvoyance (…) C’est là tout le problème. Je dois faire preuve de plus de sang-froid, je dois mieux maîtriser le jeu.»

Il n’est pas le premier à vivre ce genre de mésaventure sur la grande scène. En 1984, Magic Johnson, pourtant déjà deux fois sacré avec les Lakers, enchaîna les bourdes (ballon perdu et lancers francs ratés) dans les derniers instants du match n° 4 de la finale perdue face aux Boston Celtics. De quoi se voir affubler du surnom de «Tragic Johnson»…

En 1997, Kobe Bryant, tout juste âgé de 18 ans, s’est enfoncé tout seul, en expédiant quatre air ballss en plein money time de la demi-finale de conférence Ouest, au grand bonheur du Utah Jazz. Quant à LeBron James, il est passé à côté de sa deuxième finale en 2011, avec Miami face à Dallas.

Une masterclass au Madison?

Ces épisodes peu glorieux n’ont pas empêché ce trio de remporter en tout 14 titres de champion, en se montrant décisif quasiment à chaque fois.

Or, en regardant le verre à moitié plein, la réaction d’orgueil de Wembanyama lors du match n° 2 peut être perçue comme le signe annonciateur d’un renversement du rapport de force à son avantage dans cette série, même si cela n’aboutit pas forcément au sacre.

Tout en prévenant que personne n’est prêt face à la folie qui va s’emparer du Madison Square Garden mardi (à 2 h 30 au Luxembourg), Stephen A. Smith, polémiste star d’ESPN et fan inconditionnel des Knicks, a judicieusement rappelé que la mythique salle a souvent été le terrain de jeu favori de légendes du basket, de Michael Jordan à James ou Bryant justement, qui prenaient un soin particulier à sortir des masterclass pour embuer les yeux des fans new-yorkais.

Wembanyama en aura-t-il seulement les moyens?

L’aspect physique va primer, face à des Knicks guère fatigués par leur campagne de play-offs contrairement aux Spurs. L’ajustement tactique sera nécessaire aussi, non seulement pour lui faciliter l’accès dans la raquette, mais aussi pour lui trouver des relais offensifs plus constants.

Car tout ne dépendra pas uniquement de son talent, ni de sa capacité à immédiatement rebondir après sa fin de match ratée mercredi, quand bien même il ait annoncé la couleur : «Est-ce que je regrette? Oui, bien sûr. Est-ce que ça va me servir de carburant pour le match n° 3?  Absolument.»

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