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La Russie «de plus en plus désespérée», selon le chef de l’OTAN


Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, s'est déplacé en Ukraine en plein contexte d'escalade militaire avec la Russie. (Photo : AFP)

En visite à Kiev, le chef de l’OTAN, Mark Rutte, a salué la résilience de l’Ukraine face à la Russie, alors que des frappes ukrainiennes ont visé Saint-Pétersbourg le jour de l’ouverture de son Forum économique.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a estimé mercredi lors d’une visite à Kiev que la Russie était «de plus en plus désespérée» face à l’Ukraine, qui «continue de tenir bon» plus de quatre ans après le début de l’invasion russe. «Alors que l’Ukraine continue de tenir bon, d’innover et de remporter des victoires sur le champ de bataille, la Russie est de plus en plus désespérée», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse aux côtés du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Selon le chef de l’OTAN, la Russie subit des «pertes considérables» et son économie est «soumise à de graves tensions» malgré l’assouplissement des sanctions occidentales sur ses exportations d’hydrocarbures. Il a cependant remarqué que la guerre commencée il y a plus de quatre ans «ne montre aucun signe d’arrêt» et confie avoir »discuté de la manière dont l’Ukraine parvient à changer la donne sur le champ de bataille».

«Je pense que l’Ukraine remporte de plus en plus de succès, tant sur la ligne de front que pour ce qui est de s’assurer de pouvoir neutraliser certaines des capacités clés des Russes nécessaires à la poursuite de la guerre», a-t-il assuré.

Attaque réplique sur Saint-Pétersbourg

Ces déclarations et ce déplacement de Mark Rutte en Ukraine interviennent dans un contexte d’intensification des frappes, alors que les négociations sous médiation américaine pour mettre fin au conflit sont au point mort. Des drones ukrainiens ont touché des sites énergétiques et militaires à Saint-Pétersbourg mercredi, le jour de l’ouverture du traditionnel Forum économique rassemblant de nombreux responsables russes et étrangers, y compris occidentaux.

Quelque 20 000 invités de 130 pays doivent participer au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), événement d’une durée de trois jours autrefois considéré comme étant le «Davos russe» et le principal rendez-vous organisé par la Russie pour attirer les investisseurs et les entreprises étrangères.

«J’estime que ce sont des frappes justes», a déclaré Volodymyr Zelensky lors de la conférence de presse aux côtés du chef de l’OTAN. «Ils (les Russes) attaquent, il y a eu une attaque massive il y a juste un jour. Nous avons répondu en conséquence (…). Ils doivent savoir que s’ils utilisent des drones et des missiles contre nous, nous ferons de même.»

La veille de l’attaque lancée par Kiev, 23 personnes on en effet perdu la vie dans la ville industrielle de Dnipro, dans le centre-est de l’Ukraine, à la suite d’une salve massive de missiles et de drones russes. Mercredi, le Kremlin a déjà promis «des réponses systématiques» aux frappes sur Saint-Pétersbourg qui n’ont fait que des dégâts matériels.

Un Davos russe  tourné vers le Sud

Les premiers participants au Forum économique sont ainsi arrivés avec une épaisse fumée en arrière-plan du centre de conférence, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. Le SPIEF est devenu le reflet d’un certain isolement de la Russie sur la scène internationale depuis le déclenchement du conflit à grande échelle en Ukraine en février 2022.

Le président français, Emmanuel Macron, Angela Merkel, alors chancelière allemande, et feu le Premier ministre japonais Shinzo Abe ont notamment fait partie des intervenants à ce Forum dans les années 2010. Cette fois, la liste des participants inclut les noms d’alliés de la Russie, parmi lesquels les présidents de l’Ouzbékistan et de la Tanzanie, des ministres cubains, bélarusses, des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite.

L’envoyé économique du Kremlin, Kirill Dmitriev, a qualifié l’événement de rassemblement de «pays souverains», à l’opposé des rivaux «mondialistes» à l’image du Forum économique de Davos en Suisse. «Les pays du Sud sont en train de bâtir leur force économique, se rapprochent activement d’un partenariat avec la Russie et seront fortement représentés», a-t-il assuré.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a condamné mardi la vague de frappes russes meurtrière sur l’Ukraine, est attendu à Saint-Pétersbourg et doit s’exprimer dans le cadre d’un panel sur l’environnement prévu vendredi.

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