En quête d’un premier sacre en Grand Chelem, l’Allemand Alexander Zverev a assumé son statut de favori en écartant la pépite espagnole Rafael Jodar pour rejoindre les demi-finales.
Il lui reste deux marches à gravir pour enfin décrocher le graal, dont une demie contre Joao Fonseca ou Jakub Mensik.
Les larmes de Kostyuk
Sous le toit fermé du court Philippe-Chatrier, pour se protéger du déluge qui a succédé à la chaleur écrasante de la première semaine, l’Ukrainienne Marta Kostyuk et la Russe Mirra Andreeva ont été les premières à prendre leur place pour le dernier carré. L’Ukrainienne de 23 ans, 15e mondiale, a battu la récente vainqueur du WTA 1000 de Rome, Elina Svitolina (7e), 6-3, 2-6, 6-2 en 1 h 49 dans un duel aux allures de passage de témoin.
Le premier quart de finale d’un Majeur 100% ukrainien a tenu ses promesses. La manche décisive a commencé par un festival de breaks, avec cinq services perdus d’entrée. Avant que Kostyuk ne s’envole, concluant sur un jeu blanc et un service gagnant. Devant les yeux de son mari Gaël Monfils, Svitolina, 31 ans, a perdu son sixième quart de finale sur six à Paris.
Après la rencontre, Kostyuk a évoqué en pleurs les dernières frappes russes qui ont touché l’Ukraine, tuant au moins 18 personnes, dont six dans sa ville natale Kiev : «Nous avons encore eu une nuit difficile en Ukraine, beaucoup de morts, notamment à Kiev. Je voudrais dédier cette victoire aux Ukrainiens et à leur résilience», a-t-elle lancé, sous les applaudissements du Central.
Kostyuk a remporté les 16 rencontres qu’elle a disputées sur terre battue cette année, avec à la clé deux titres dans les tournois WTA 250 de Rouen et WTA 1000 de Madrid. Dans la capitale espagnole, elle avait battu en finale Andreeva, dont elle avait refusé de serrer la main en raison de la guerre. Les deux joueuses vont se retrouver jeudi avec, en jeu, une première finale en Grand Chelem.
Jouer une Ukrainienne, «cela n’a pas d’importance» pour Andreeva (8e), a-t-elle répondu en conférence de presse : «J’essaie simplement de jouer contre la balle qui arrive sur moi, peu m’importe qui j’affronte.»
Passée à son tour devant la presse, Kostyuk a regretté cette «stratégie» de communication : «Si c’est un sujet qu’elles veulent éviter d’aborder, c’est à elles de vivre avec, pas à moi.»
«J’aimerais qu’il y ait une prise de position plus claire sur ce qu’il se passe, surtout quand votre pays est en train de tuer d’autres personnes», a-t-elle ajouté, prenant ensuite le «super exemple» de Daria Kasatkina, joueuse d’origine russe naturalisée australienne l’an dernier.
La Sibérienne de 19 ans a balayé 6-0, 6-3 en seulement 56 minutes l’expérimentée Roumaine Sorana Cirstea (18e). Récente lauréate à Adélaïde sur dur et à Linz sur terre battue, Andreeva affiche, comme Kostyuk, un impressionnant bilan sur ocre en 2026 : 20 victoires, contre seulement trois défaites.