Portée par un exceptionnel trio en attaque (Mbappé-Dembélé-Olise), la France est l’une des principales prétendantes au titre mondial et va tenter d’offrir une fin en apothéose à Didier Deschamps, qui bouclera en Amérique 14 années fastes à la tête des Bleus.
Deux ans après un Euro-2024 morne et d’une grande pauvreté sur le plan du jeu et de la créativité malgré l’accession en demi-finales (quatre buts inscrits en six matches, dont un penatly et deux contre leur camp), Deschamps a pris le parti de déplacer le centre de gravité des Bleus vers l’attaque en profitant de l’émergence de Michael Olise et de la nouvelle dimension prise par Ousmane Dembélé, Ballon d’Or 2025 et double vainqueur de la Ligue des champions avec le PSG.
Même si le forfait d’Hugo Ekitike (Liverpool), gravement blessé au tendon d’Achille, prive le sélectionneur d’un élément de poids pour son ultime campagne, il possède tous les atouts pour effacer la désagréable impression de 2024, en espérant également compter sur un Kylian Mbappé revanchard après une saison noire et sans trophée au Real Madrid.
Le capitaine sera animé par un esprit de reconquête en retrouvant sa compétition fétiche, celle qui l’a fait connaître aux yeux du monde dès 2018. D’autant que si l’exercice 2025/2026 a été un calvaire en club sur le plan collectif, la superstar des Bleus a gardé intacte sa redoutable efficacité en terminant meilleur buteur de la Liga pour la deuxième saison consécutive avec 25 réalisations.
Ses soucis physiques derrière lui (genou, cuisse), celui qui avait réussi un triplé mémorable lors de la finale de 2022 aura donc la ferme volonté de se racheter. Deschamps et les Bleus le savent mieux que quiconque : sans un Mbappé au sommet de son art, ils auront du mal à prétendre au titre suprême. « Il a cette capacité à transcender un peu tout le monde, c’est lui qui nous donne l’exemple », a assuré dimanche Aurélien Tchouaméni, son coéquipier au Real Madrid.
Favoris? « Ça ne me plaît pas trop »
Numéro 1 au classement Fifa, impressionnante en mars au cours d’une tournée américaine conclue par deux succès contre le Brésil (2-1) et la Colombie (3-1), la France et ses attaquants font peur à l’heure d’entamer le Mondial le 16 juin face au Sénégal au MetLife Stadium d’East Rutherford, avant deux rendez-vous contre l’Irak (22 juin à Philadelphie) et la Norvège (26 juin à Foxborough) dans le groupe I. Mais ce statut d’épouvantail a le don d’agacer Deschamps.
« On nous voit déjà le 19 juillet (jour de la finale, ndlr), ça ne me plaît pas trop, pas du tout même. Qu’on fasse partie des meilleures équipes, oui, mais je sais trop bien qu’il y a des étapes importantes avant de penser à tout là-haut », a-t-il lancé vendredi en ouverture de la préparation pour la Coupe du monde au Centre national du football à Clairefontaine.
Résolument tourné vers l’avant en dépit de la fin qui approche, le sélectionneur de 57 ans ne veut surtout pas verser dans la nostalgie, obnubilé par l’idée de terminer en beauté son parcours en bleu avec une troisième étoile. « Il y a beaucoup de choses qui sont derrière et qui appartiennent aux souvenirs. Mais je n’ai pas l’habitude de regarder dans le rétro. C’est aujourd’hui et demain qui m’intéressent », a-t-il expliqué.