La disparition des studios Filmland soulève des questions sur l’avenir des capacités techniques du pays. Le ministre de la Culture, Eric Thill, apporte des pistes.
En avril dernier, les studios Filmland, basés à Kehlen, annonçaient qu’ils cesseraient leurs activités le 31 juillet prochain. Cette fermeture s’explique par un contexte économique difficile, marqué par une évolution défavorable du marché, une concurrence internationale accrue et des contraintes structurelles pesant sur les studios.
Cette disparition fragilise l’ensemble de l’écosystème national du cinéma et de la production audiovisuelle. Une situation d’autant plus préoccupante qu’au même moment, «le Luxembourg bénéficie d’une reconnaissance croissante à l’international, notamment à travers de nombreuses coproductions sélectionnées dans des festivals de premier plan», souligne le député socialiste Mars Di Bartolomeo dans une question parlementaire adressée au ministre de la Culture, Eric Thill. Le député interroge notamment le ministre sur les compensations envisagées pour pallier les éventuelles pertes de capacités techniques et logistiques pour les productions audiovisuelles au Luxembourg.
Une réflexion engagée avec le secteur
Eric Thill rappelle que, malgré la place importante qu’ont occupée les studios Filmland pendant de nombreuses années, l’attractivité du secteur audiovisuel luxembourgeois ne repose pas exclusivement sur ce type d’infrastructures, «mais avant tout sur les compétences, l’expertise et le savoir-faire des professionnels qui en constituent la force».
Le ministre assure que «de premiers échanges ont déjà été engagés avec l’Association des producteurs luxembourgeois (ULPA) afin d’analyser la situation et d’identifier des pistes de réflexion permettant d’apporter des réponses à la fois durables et réalistes». Il rappelle également que les studios Filmland constituaient une initiative privée portée par six sociétés de production. À ce titre, toute intervention directe de l’État dans une structure de cette nature est encadrée par les règles nationales et européennes relatives aux aides d’État.
Dans ce contexte, le gouvernement appelle à «une réflexion stratégique approfondie, menée en concertation avec le secteur et dans le respect du cadre européen». Il assure qu’il poursuivra le dialogue avec les acteurs de la filière tout en analysant les expériences menées dans d’autres pays européens en matière d’organisation et de mécanismes de soutien aux infrastructures de studios.
Des échanges sont actuellement en cours avec le secteur luxembourgeois, notamment avec l’ULPA. Une première réunion s’est tenue au début du mois de mai.