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[Tennis] Jodar : un autre Rafa veut se faire un nom à Paris


Rafael Jodar est l'étoile montante du tennis mondial. (Photo : afp)

Nadal est retraité, Alcaraz forfait, mais l’Espagne sera bien représentée en quarts de finale porte d’Auteuil : à 19 ans, Rafael Jodar s’y est invité au son des «Vamos Rafa», sur la terre de ses illustres modèles.

Son aventure a pourtant failli s’arrêter dimanche. Mais mené deux sets à rien par un autre compatriote, Pablo Carreno (89e), ancien 10e mondial, Rafael Jodar a puisé dans ses ressources, dont l’on ignore encore à quel point elles sont épuisables, pour triompher en cinq manches (4-6, 4-6, 6-1, 6-2, 6-2).

En se qualifiant pour un quart de prestige face au 3e mondial Alexander Zverev mardi, dès sa première participation à Roland-Garros, le jeune Madrilène a déjà réalisé un exploit. Depuis le début du XXIe siècle, ils n’étaient que cinq à avoir accompli pareille prouesse pour leurs débuts parisiens : Juan Carlos Ferrero (2000), Martin Verkerk (2003), Rafael Nadal (2005), Jannik Sinner (2020) et Holger Rune (2022).

Le monde du tennis n’a pas vraiment eu le temps de voir Jodar venir. Début 2025, il était 896e mondial, naviguant dans l’anonymat des circuits secondaires. Aujourd’hui, il est virtuellement 22e mondial et personne n’a décroché plus de victoires que lui cette saison sur terre battue (19).

Jodar a remporté son premier match en Grand Chelem à l’Open d’Australie (éliminé au 2e tour) en janvier et atteint le 3e tour du Masters 1000 de Miami. Mais c’est sur terre battue qu’il explose véritablement : il obtient son tout premier titre sur le circuit principal en avril à Marrakech, avant d’enchaîner avec une demie à Barcelone, puis deux quarts aux Masters 1000 de Madrid et Rome.

«Il pourra très bientôt rivaliser avec Sinner et Alcaraz»

Il est le sixième Espagnol à remporter un tournoi de l’ATP avant ses 20 ans après Carlos Moya, Juan Carlos Ferrero, Tommy Robredo, Nadal et Alcaraz.  Une liste pour le moins flatteuse… Jodar, ami du circuit de Chris Rodesch – ils se sont connus à l’université de Virginie –, accepte d’ailleurs la filiation nationale, même s’il «essaie de développer (son) propre style».

«Quand j’étais plus jeune, mon modèle, c’était Rafael Nadal, puis, ces dernières années avant de passer professionnel, je dirais sans doute Carlos Alcaraz», a-t-il expliqué après sa victoire en cinq sets contre Alex Michelsen au 3e tour. «Mais, comme je l’ai dit, j’essaie de suivre ma propre voie et de m’épanouir avec mon propre état d’esprit.»

Grand (1,91 m) et longiligne (70 kg), son langage corporel sur le court est bien différent d’un Nadal. Pourtant, les «Vamos Rafa!» qui descendent des tribunes rappellent l’époque où le Majorquin régnait en maître sur la porte d’Auteuil. «Il pourra très bientôt rivaliser avec Jannik (Sinner) et Carlos (Alcaraz). Il est évident qu’il a la capacité d’atteindre ce niveau. Il est très jeune et il a encore une grande marge de progression», a prédit Carreno.

Jodar a déjà croisé le fer avec Sinner, qui l’a encensé après l’avoir battu en quarts à Madrid : «C’est déjà un joueur très solide, il a montré qu’il joue un tennis de très haute qualité.» Accompagné comme toujours de ses proches, dont son père, qui est aussi son entraîneur et son préparateur physique, le jeune homme devrait découvrir ce mardi le court Philippe-Chatrier.

En quête de son premier Grand Chelem à 29 ans, Zverev n’y défiera pas seulement un «jeune joueur incroyablement talentueux», comme il l’a décrit, mais aussi les échos d’un prénom qui, à Paris plus qu’ailleurs, refuse de mourir.

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