Quelques heures après la chute d’un missile près du domicile de sa mère, l’Ukrainienne Marta Kostyuk (15e mondiale) a surmonté son émotion et les fortes chaleurs pour s’imposer au 1er tour de Roland-Garros, comme le n°3 mondial Alexander Zverev.
Sous le soleil parisien et une température supérieure à 30°C, qui devrait encore grimper pour dépasser les 35°C en début de semaine prochaine, l’Allemand de 29 ans ne s’est guère attardé sur le Central. Vainqueur 6-3, 6-4, 6-2 du Français Benjamin Bonzi (95e), le triple finaliste en Grand Chelem s’est satisfait de sa « très bonne entame de tournoi », avant d’affronter au deuxième tour le Tchèque Tomas Machac (43e).
Plus tôt dans la première journée de cette édition 2026, Marta Kostyuk avait vaincu sans difficulté 6-2, 6-3 l’Espagnole d’origine russe Oksana Selekhmeteva (88e). La récente lauréate des tournois sur terre battue de Rouen et Madrid a pourtant confié sur le court qu’elle venait de vivre « l’un des matches les plus difficiles de (sa) vie ».
Essuyant quelques larmes, la native de Kiev a déclaré qu’un missile s’était abattu « à 100 mètres » du domicile de sa mère en début de journée, un peu plus de quatre ans après le début de l’offensive russe en Ukraine. En conférence de presse, l’Ukrainienne a montré aux journalistes présents une photo reçue sur son téléphone et montrant un panache de fumée s’élever dans un ciel bleu. « C’est une photo de la maison de mes parents et de ses alentours, je l’ai reçue à huit heures du matin », a-t-elle expliqué.
L’Ukraine et sa capitale Kiev, dont Kostyuk est originaire, ont été visées dans la nuit par une vaste attaque aérienne, l’armée de l’air ukrainienne affirmant avoir détecté pas moins de 600 drones et 90 missiles. En entrant sur le court Simonne-Mathieu, « je ne savais pas à quoi m’attendre, ni si j’allais réussir à me concentrer, à contrôler mes émotions », a reconnu Kostyuk.
Zéro sur cinq pour les Français
« J’ai passé la plupart de la matinée à avoir la nausée en pensant que si (le missile) était tombé 100 mètres plus loin, je n’aurais plus de mère ni de sœur (…) Mais je suis très fière de moi, de la façon dont nous avons géré la situation. Je suis ravie d’être au deuxième tour et que tout le monde soit en vie » dans son entourage, a conclu l’Ukrainienne après sa douzième victoire d’affilée sur terre battue. Sa prochaine adversaire sera l’Américaine Katie Volynets (108e), qui a disposé 6-3, 6-1 de la Française Clara Burel (1 486e).
D’autres prétendants au titre masculin ou féminin sont programmés en cette première journée, comme le triple lauréat du tournoi Novak Djokovic (4e) ou la Russe Mirra Andreeva (8e), qui a succédé à Zverev sur le Central pour y affronter la Française Fiona Ferro (181e).
En quête à Paris d’un 25e titre record en Grand Chelem, Djokovic jouera lui en soirée sur le court Philippe-Chatrier contre le serveur d’élite français Giovanni Mpetshi Perricard (83e). Première joueuse de l’édition 2026 à avoir les honneurs du Central, la Suissesse Belinda Bencic (11e) a écarté 6-2, 6-3 l’Autrichienne Sinja Kraus, issue des qualifications.
En fin d’après-midi, aucune tête de série des tableaux masculin ou féminin n’avait encore chuté à Paris. L’Espagnol Alejandro Davidovich (23e) a cependant été tout proche de l’élimination contre le Bosnien Damir Dzumhur (87e). Mais il a fini par s’en sortir en cinq sets après plus de quatre heures de bagarre 6-7 (3/7), 6-3, 2-6, 7-5, 6-3.
La journée n’a pour l’instant guère souri aux joueurs français: les cinq premiers d’entre eux engagés dimanche ont tous pris la porte dès leur entrée en lice, sans réussir à gagner le moindre set.