Annexée au IIIe Reich entre 1940 et 1944, la ville de Metz a vécu sous la férule des nazis pendant quatre ans. Ceux qui sont restés ont subi leur autorité et leur quête de germanisation. Rares sont ceux qui peuvent encore en témoigner. Marguerite Fuhrmann, 99 ans, et René Blaise, ancien Malgré-Nous, sont parmi les derniers passeurs de mémoire.
«J’entends encore les cloches sonner. Des gens passaient en voiture pour colporter la nouvelle. Mais pour nous, c’était un jour ordinaire…» Marguerite Fuhrmann ne conserve que de brefs souvenirs du 8 mai 1945. Metz avait déjà tombé les armes. Et le bruit des canons s’était tu, à la faveur du vent d’automne. Cinq mois et demi plus tôt, entre le 19 et le 22 novembre, la ville avait été libérée par l’armée du général Patton. «J’ai vu les Américains sur le mur de la porte des Allemands. Ils nous portaient du chocolat et du chewing-gum. Je ne suis pas sûre qu’ils nous libéreraient aujourd’hui…».
«On aurait jamais dû revenir»
Marguerite est un ...
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