109e GIRO Jonas Vingegaard, grandissime favori de l’épreuve qui s’élance vendredi en Bulgarie, peut devenir le huitième coureur de l’histoire à gagner les trois grands Tours.
Délesté de la concurrence encombrante de son rival slovène Tadej Pogacar, qui le martyrise sur le Tour de France depuis deux éditions, le Danois semble avoir un boulevard devant lui pour son premier Tour d’Italie, tellement le plateau est dépeuplé cette année.
Pogacar, la nouvelle star Paul Seixas, Remco Evenepoel, Isaac Del Toro, João Almeida, Juan Ayuso, Florian Lipowitz… la liste des absents englobe tous les meilleurs coureurs de classement général de la planète, hormis donc Vingegaard qui avance avec une pancarte énorme au départ vendredi à Nessebar, la «perle de la mer Noire».
Pour dénicher ses principaux rivaux, il faut se rabattre, sans grande conviction, sur d’anciens vainqueurs comme Egan Bernal et Jai Hindley, ou des leaders de substitution comme Adam Yates et Felix Gall.
Mais c’est sans doute le grand espoir local Giulio Pellizzari, leader de Red Bull-Bora à 22 ans, qui pourrait s’affirmer comme le principal adversaire du double vainqueur du Tour de France 2022 et 2023.
Dix ans après la dernière victoire italienne de Vincenzo Nibali, le «Duc de Camerino» voudra enflammer les tifosis lorsque le Giro touchera le territoire italien mardi en Calabre.
Moins corsé que d’habitude
Avant, les sprinteurs comme Jonathan Milan, Dylan Groenewegen, Tobias Lund Andresen et Paul Magnier pourront s’exprimer lors des trois premières étapes en Bulgarie, nouvelle destination exotique pour le «Grande Partenza», un an après l’Albanie.
Il s’agira du seizième départ depuis l’étranger, un mouvement qui, comme sur le Tour de France, s’accélère depuis 2010.
Une fois en Italie, la 109e édition entamera sa longue remontée vers le nord du pays avec un premier gros point fort attendu lors de la 7e étape dans les Abruzzes avec la terrible ascension du Blockhaus.
Après l’unique contre-la-montre au programme de ces trois semaines, 42 km totalement plats lors de la 10e étape, l’épreuve prendra ses quartiers dans les Alpes pour l’explication finale de la troisième semaine.
Dans l’ensemble, cette édition présente un parcours moins corsé que d’habitude, une réalité qui a fini par convaincre Vingegaard de découvrir la Corsa Rosa sans trop taper dans les réserves.
Car la priorité du leader de l’équipe Visma-Lease a Bike reste le Tour de France (4-26 juillet) qu’il voudra reconquérir cet été en imitant Pogacar, auteur du doublé Giro-Tour en 2024.
Montrer qu’il reste le rival n° 1
Et il est persuadé que les deux objectifs sont parfaitement compatibles, fort de son expérience de son Tour d’Espagne victorieux en septembre : «On a analysé mes watts lorsque j’ai enchaîné Tour et Vuelta l’an dernier et on a découvert que je ne marchais pas moins bien mais plutôt mieux. Je pense que je peux être meilleur encore au Tour de France en courant le Giro», a-t-il expliqué au moment d’annoncer qu’il allait briguer en Italie la succession de son ancien coéquipier Simon Yates, mystérieusement parti à la retraite cet hiver alors qu’il était à Rome lors de la présentation du parcours en décembre.
L’enjeu est de taille puisque Vingegaard peut devenir le huitième coureur à remporter les trois grands Tours après Hinault, Merckx, Anquetil, Gimondi, Contador, Nibali et Froome, pour griller la politesse à Pogacar.
Le Danois de 29 ans voudra aussi rappeler qu’il reste, jusqu’à preuve du contraire, le rival attitré du Slovène dans les courses par étapes, à l’heure où l’émergence des Ayuso, Del Toro et surtout Seixas a tendance à lui filer un coup de vieux, quand même.
Son début de saison est en tous cas parfait avec deux victoires écrasantes sur Paris-Nice et le Tour de Catalogne.
Reste les aléas du Giro, la course la plus imprévisible du calendrier, riche en renversements, coups de théâtre et épisodes météo cataclysmiques, même si là aussi Vingegaard se montre généralement à l’aise lorsque le temps se gâte.
(2e division) Pinarello Q36.5, Tudor, Bardiani, Polti, Unibet Rose Rockets
Le favori : Jonas Vingegaard (DAN)
Les outsiders : Giulio Pellizzari (ITA), Adam Yates (GBR), Egan Bernal (COL), Felix Gall (AUT), Thymen Arensman (NED), Derek Gee-West (CAN)
Les autres têtes d’affiche : Jonathan Milan (ITA), Filippo Ganna (ITA), Paul Magnier (FRA), Arnaud De Lie (BEL), Dylan Groenewegen (PBS)
Principaux absents : Tadej Pogacar (SLO), Remco Evenepoel (BEL), Paul Seixas (FRA), Isaac del Toro (MEX), Primoz Roglic (SLO), Juan Ayuso (ESP), Joao Almeida (POR), Mathieu Van der Poel (PBS), Wout van Aert (BEL), Tom Pidcock (GBR), Mads Pedersen (DAN), Richard Carapaz (EQU)
Le palmarès
108 éditions depuis la création de l’épreuve en 1909. 69 victoires pour l’Italie, 7 pour la Belgique, 6 pour la France, 4 pour l’Espagne, 3 pour la Russie, la Grande-Bretagne et la Suisse, 2 pour la Colombie, la Slovénie et le Luxembourg, 1 pour le Canada, l’Équateur, les États-Unis, l’Irlande, les Pays-Bas, la Suède et l’Australie.
Record de victoires : 5 pour Alfredo Binda (ITA) entre 1925 et 1933, Fausto Coppi (ITA) entre 1940 et 1953, Eddy Merckx (BEL) entre 1968 et 1974.
Les cinq derniers vainqueurs
2025 : Simon Yates (GBR)
2024 : Tadej Pogacar (SLO)
2023 : Primoz Roglic (SLO)
2022 : Jai Hindley (AUS)
2021 : Egan Bernal (COL)