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Frieden en quête de rebond

Non, il ne s’est senti «sous la pression de personne». Au contraire, il a pris le soin de préparer le terrain en coulisses, d’analyser la situation de très près, avec les ministres compétents, et d’être à l’écoute de nombreux acteurs. Au vu de la situation très volatile au Moyen-Orient et de ses répercussions sur les prix de l’énergie, il s’est, en revanche, senti confirmé dans son credo de gouverner d’une «main tranquille», de ne pas céder à la panique et de ne rien décider à la va-vite.

En soi, la ligne de défense de Luc Frieden tient la route. Le Luxembourg disposait d’une marge de manœuvre pour faire face à la flambée des prix des carburants. Les accises les plus basses d’Europe ont fait que le prix du diesel n’a pas dépassé 2,2 euros le litre. Un niveau record, mais toujours inférieur aux 2,5 euros et plus facturés dans d’autres pays européens. Sans savoir que les États-Unis et Israël allaient déclencher une guerre contre l’Iran, le gouvernement avait décidé de tripler la prime énergie pour les ménages aux plus petits revenus et de prendre en charge, à hauteur de 150 millions d’euros, une partie des frais de réseau de l’électricité. Sans oublier l’indexation automatique des salaires et pensions.

Mais il n’en reste pas moins que Luc Frieden s’est retrouvé esseulé, au plus tard lorsque son partenaire de coalition, le DP, a demandé à son tour la tenue d’une tripartite. Le Premier ministre a donc bien été obligé de prendre une décision sous pression. Au vu de la situation globale, il est toutefois judicieux de convoquer une telle réunion de crise. Il faut aussi saluer le fait que le chef du gouvernement se donne un mois pour préparer les discussions, en concertation avec les partenaires sociaux. Un premier défi l’attend : les syndicats veulent rouvrir le dossier du salaire minimum, tandis que le patronat entend se concentrer sur l’inflation et les prix de l’énergie.

En fin de compte, l’enveloppe que le gouvernement sera prêt à mobiliser sera déterminante pour l’issue de cette tripartite. Pas sûr que l’État puisse débourser, comme en septembre 2022, un milliard d’euros pour amortir le choc. «Le succès sera collectif, l’échec aussi», met en garde un Premier ministre en quête de rebond.

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