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Réseaux sociaux : les restrictions d’âge se précisent


L'Union européenne avance sur la définition d'une majorité numérique pour accéder à des réseaux sociaux comme Tik Tok. Bon nombre de pays ont déjà pris les devants.(Photo : afp)

UE Une réunion de coordination sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans était organisée jeudi. La Commission européenne prépare le terrain.

Une application de vérification d’âge sera bientôt mise à la disposition des citoyens européens, a annoncé mercredi la Commission européenne, sans encore se prononcer sur l’éventuelle instauration d’une majorité numérique à l’échelle de l’UE.

Lors de la présentation de ce nouveau outil, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a salué les «grands progrès» réalisés par plusieurs États membres qui veulent réguler ou interdire l’accès des réseaux sociaux aux mineurs, en particulier la France, le Danemark, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, Chypre et l’Italie, soulignant qu’ils avaient prévu de s’appuyer sur cette application.

Il s’agit d’«une solution simple et gratuite pour mettre nos enfants à l’abri des contenus dangereux et illégaux». Les utilisateurs devront s’enregistrer dans cette application avec leur passeport ou leur carte d’identité. Cela leur permettra ensuite de prouver leur âge de manière complètement anonyme, et sans pouvoir être tracés, promet la Commission.

Les États membres pourront en outre intégrer cette applications dans leurs systèmes de vérification nationaux (comme les portefeuilles d’identité numérique), et surtout, «les plateformes en ligne pourront se reposer sur elle» pour s’assurer de l’âge de leurs utilisateurs, a expliqué Ursula von der Leyen. Du coup, ces dernières «n’auront plus d’excuses» pour se défausser de leurs obligations envers les mineurs.

Douze pays réunis, le Luxembourg absent

Le président français, Emmanuel Macron, a organisé jeudi une visioconférence avec des dirigeants européens, dont Ursula von der Leyen, histoire de maintenir la pression, la mobilisation et le tempo sur ces sujets, et de ralllier d’autres pays européens à cette cause. Douze pays de l’UE ont participé à cette réunion : Allemagne, Autriche, Chypre, Espagne, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque et Slovénie, tous intéressés par des restrictions nationales de l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants. Soit le double des États initialement volontaires à l’automne dernier, ce qui montre que la mesure «gagne du terrain», s’est félicité le président français.

Selon ce décompte, le Luxembourg n’était pas représenté. Le gouvernement milite toutefois ouvertement pour l’instauration d’une limite d’âge, avec une nette préférence pour une solution européenne. À défaut d’accord au sein de l’UE, l’exécutif se dit prêt à avancer à l’échelle nationale.

L’objectif d’Emmanuel Macron était bien de coordonner les efforts au niveau européen et d’avancer sur la mise en place d’un seuil d’âge commun (ou majorité numérique) alors que pour l’instant les interdictions prévues dans plusieurs pays européens varient de 14 à 16 ans.

La France elle-même veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée de septembre. La Grèce a annoncé début avril son intention d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans début 2027. L’Autriche espère présenter «dès cet été» une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 14 ans.

La Slovénie prépare un projet de loi d’interdiction aux moins de 15 ans, tandis qu’en Allemagne, où le chancelier Friedrich Merz s’est déclaré favorable à une restriction voire interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, une commission d’experts doit faire des recommandations d’ici l’été.

Situation comparable au Royaume-Uni où le gouvernement travailliste attend les conclusions d’une consultation pour légiférer. Le Premier ministre, Keir Starmer, a laissé entendre, jeudi, une interdiction prochaine pour les moins de 16 ans.

Au Portugal, une proposition de loi déposée en février par des élus du parti de droite au pouvoir, fixe à 16 ans la majorité numérique pour l’accès autonome aux plateformes, services, jeux et applications. En Espagne, un projet de loi dévoilé en mars 2025, en cours d’examen à la Chambre des députés, prévoit de porter à 16 ans l’âge minimum pour s’enregistrer sur un réseau social (actuellement 14 ans).

Enfin en Italie, une proposition de loi déposée en janvier par la Ligue, partenaire de la coalition gouvernementale de Giorgia Meloni, prévoit d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et de n’autoriser les 15 à 18 ans qu’après consentement parental.

Pour le moment, la Commission européenne se refuse à trancher sur la question de la majorité numérique. Ursula von der Leyen dit attendre les conclusions que doit lui remettre cet été un comité d’experts.

 

 

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