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Merz et Zelensky lancent un partenariat militaire stratégique


«C'est bénéfique pour notre sécurité, car aucune armée en Europe n’a été autant éprouvée au combat que l'Ukraine», a relevé le chancelier Friedrich Merz (à d.) aux côtés de Volodymyr Zelensky. (Photo : afp)

ALLEMAGNE Le chancelier allemand et le président ukrainien ont lancé mardi un partenariat stratégique fondé sur la coopération militaire, en particulier en matière de drones.

Après la signature notamment d’un accord de coopération dans le domaine de la défense par les ministres compétents, Friedrich Merz a souligné que les milliards versés à l’Ukraine depuis l’invasion russe étaient dans l’intérêt d’une Europe menacée elle aussi par Moscou.

«C’est aussi bénéfique pour nous, pour notre sécurité, car aucune armée en Europe n’a été (…) autant éprouvée au combat que l’Ukraine. Aucune société n’est devenue plus résiliente que l’Ukraine, aucune industrie de défense n’est devenue plus innovante que celle de l’Ukraine», a relevé le chancelier devant la presse et aux côtés de Volodymyr Zelensky.

Berlin va financer aussi la livraison à Kiev de plusieurs centaines de missiles Patriot et de lanceurs destinés aux systèmes de défense aérienne IRIS-T. «Un paquet de 4 milliards d’euros (…) un formidable coup de pouce pour la défense aérienne ukrainienne», s’est félicité sur X le ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov.

Volodymyr Zelensky a annoncé que les deux pays travaillaient aussi à un accord bilatéral sur les drones. «Notre expérience peut être intégrée au système de sécurité européen», a-t-il dit.

L’armée ukrainienne a une expérience de terrain et technologique sans équivalent en matière de drones, devenus des armes essentielles du fait de leur faible coût relatif, de leur efficacité et portée croissante. Une expertise dont Berlin veut profiter, le chancelier Merz ayant débloqué des centaines de milliards d’euros pour reconstruire l’armée allemande, minée par des décennies de sous-financement, afin de pouvoir faire face à une éventuelle agression russe mais aussi au désengagement américain.

Deux coentreprises dans les drones

La société allemande Quantum Systems, spécialisée dans ces aéronefs, a annoncé mardi la création de deux nouvelles coentreprises avec des fabricants ukrainiens : QWI, «qui renforcera la défense aérienne» avec l’ukrainienne WIY Drones, et QTI, «qui se concentrera sur la production de systèmes terrestres sans pilote» avec l’ukrainienne Tencore.

La guerre au Moyen-Orient a été l’occasion pour Kiev d’illustrer son expertise, Volodymyr Zelensky dépêchant des spécialistes antidrones et allant lui-même dans des pays visés par les attaques de l’Iran, allié de la Russie.

Le contexte en Europe est aussi plus favorable à l’Ukraine depuis la défaite électorale dimanche du Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche de Moscou, qui bloque depuis fin 2025 un prêt européen de 90 milliards d’euros de l’UE au pays en guerre, ainsi qu’un nouveau train de sanctions contre Moscou.

Friedrich Merz a appelé à ce que ces moyens soient «rapidement débloqués», le futur dirigeant hongrois, Peter Magyar, devant prendre ses fonctions dans les prochaines semaines. «Nous comptons sur l’Allemagne», a dit à ce sujet Volodymyr Zelensky, relevant que l’argent servira à «relancer la production et l’investissement» dans l’armement.

Dans un geste envers Budapest, il a promis que l’oléoduc Droujba, qui fournit du pétrole russe à la Hongrie via l’Ukraine, sera réparé en partie d’ici fin avril.

Premier bailleur de Kiev depuis 2025, Berlin veut aussi jouer un rôle central dans le jeu diplomatique, à rebours de Donald Trump qui a imposé des négociations sans les Européens et semble vouloir céder des terres ukrainiennes à la Russie. Mais ce processus semble au point mort en raison des profondes divergences russo-ukrainiennes. Et la guerre avec l’Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël, a relégué de facto la question au second plan.

Friedrich Merz a souligné mardi que tout accord de paix devra avoir «la signature de l’Europe». «C’est incontournable», a-t-il jugé à l’intention des États-Unis, alors que Berlin accueillera mercredi des alliés de Kiev, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et le ministre britannique de la Défense, John Healey.

Friedrich Merz a néanmoins évoqué un point de tension avec Kiev, le retour en Ukraine des hommes ayant fui en Allemagne : «Nous avons besoins de progrès rapides et clairs.» Volodymyr Zelensky a voulu différencier les Ukrainiens ayant fui leur conscription illégalement et ceux plus jeunes, partis avant d’être mobilisables, qui «ont ce droit».

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