L’Allemagne va réduire pendant deux mois une taxe sur les produits pétroliers afin de soulager les automobilistes et entreprises qui subissent la hausse des prix des carburants, a annoncé lundi le chancelier Friedrich Merz.
La guerre au Moyen-Orient «est la véritable cause des problèmes que nous connaissons», a déploré le dirigeant allemand en annonçant cette baisse provisoire de la taxe énergétique sur le diesel et l’essence, à hauteur d’environ 17 centimes par litre, à l’issue de négociations de la coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates pendant le week-end.
M. Merz a également annoncé une exonération d’impôts pour une prime de compensation de 1 000 euros que les entreprises volontaires voudraient bien verser à leurs salariés.
Les mesures annoncées vont coûter environ 1,6 milliard d’euros aux finances publiques, a affirmé la ministre social-démocrate du Travail Bärbel Bas.
Pour compenser ces pertes de recettes, la coalition veut appliquer dès 2026 la hausse programmée de celle sur le tabac, a annoncé le ministre social-démocrate des Finances Lars Klingbeil.
La piste d’un impôt sur les surprofits pétroliers que ce dernier défendait a, en revanche, été pour l’heure écartée, M. Merz disant privilégier des «mesures en vertu du droit de la concurrence et du droit fiscal».
«Nous ne pouvons pas compenser par des moyens publics chaque résultat, chaque évolution sur les marchés», a expliqué M. Merz, à la tête d’une coalition devenue très impopulaire, pour expliquer la durée limitée de l’abaissement de cette taxe.
«L’État ne peut pas absorber toutes les incertitudes, tous les risques, toutes les perturbations de la politique mondiale», s’est-il encore défendu.
L’Allemagne doit s’attendre à ressentir «encore longtemps les conséquences» de la guerre au Moyen-Orient, «même lorsqu’elle sera terminée», a-t-il aussi prévenu.
«Nous nous préparons à ce que nous connaissions, pendant une période prolongée, une charge considérable pour l’économie allemande» et donc aussi «pour les ménages», a insisté le dirigeant conservateur, en poste depuis un an.
Les tiraillements au sein de sa coalition quant aux réactions appropriées face à la situation au Moyen-Orient ont illustré une fois de plus les difficultés structurelles de la première économie européenne.
Début avril, les principaux instituts économiques du pays avaient estimé que le choc énergétique allait «freiner» la reprise de l’économie allemande.
Selon eux, le produit intérieur brut (PIB) allemand devrait croître de 0,6% en 2026 et de 0,9% en 2027, soit respectivement une baisse de 0,6 et 0,5 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’automne.