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Ukraine : Kiev et Moscou s’accusent de multiples violations de la trêve pascale


(Photo : AFP)

L’Ukraine et la Russie se sont accusées mutuellement dimanche d’avoir violé à des centaines de reprises le cessez-le-feu instauré sur le front en Ukraine, à l’occasion de la Pâque orthodoxe, Moscou rejetant une prolongation de cette trêve si Kiev ne se plie pas à ses demandes.

Cette cessation des hostilités a commencé samedi à 16 h et doit durer dimanche jusqu’en fin de journée, soit une période de 32 heures. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait accepté ce cessez-le-feu proposé par son homologue Vladimir Poutine, affirmant que Kiev répondrait «coup sur coup» à toute violation russe. Zelensky avait également estimé samedi qu’il serait «correct» que ce cessez-le-feu soit prolongé, précisant avoir fait cette «proposition» à Moscou.
Mais le Kremlin a exclu cette possibilité, à moins que Kiev ne se plie aux conditions de Moscou pour mettre un terme à cette guerre déclenchée par l’invasion russe à grande échelle du pays, en 2022.

«Tant que (Volodymyr) Zelensky n’a pas le courage d’assumer cette responsabilité, l’opération militaire spéciale se poursuivra après l’expiration du cessez-le-feu», a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe.

«Une paix durable ne peut advenir que lorsque nous aurons protégé nos intérêts et atteint les objectifs que nous nous sommes fixés dès le départ. Cela est possible dès aujourd’hui, mais Zelenskyy doit accepter des solutions bien connues», a-t-il ajouté.

Le pouvoir russe exige du gouvernement ukrainien des concessions politiques et territoriales, notamment un retrait complet de la région de Donetsk, partiellement contrôlée par Moscou. Des exigences rejetées par Kiev, les assimilant à une capitulation.

Plus de 3 000 violations signalées

Pour sa part, l’Ukraine demande de longue date un cessez-le-feu prolongé pour favoriser des négociations. Mais Moscou rejette cette idée, arguant, entre autres, qu’une pause plus longue permettrait à l’armée ukrainienne de se renforcer.
Comme lors d’une trêve similaire, l’année dernière, le calme sur le front, long de 1 200 km, est très relatif lors du cessez-le-feu en cours. L’état-major ukrainien a affirmé dimanche matin que les forces du Kremlin avaient violé à 2 299 reprises le cessez-le-feu. Quelques minutes plus tard, le ministère russe de la Défense a accusé à son tour les forces ukrainiennes d’avoir violé à 1 971 reprises cette cessation des hostilités.

Les deux armées se sont accusées réciproquement de centaines de frappes d’artillerie, de drones et de plusieurs attaques de troupes. Signe d’une baisse relative des activités militaires, l’état-major ukrainien a néanmoins souligné n’avoir enregistré aucune attaque russe de drones longue distance de type Shahed, de bombes aériennes guidées ou de missiles, qui sont habituellement quasi-quotidiennes en Ukraine. L’armée et le Parquet ukrainiens ont par ailleurs accusé dimanche les forces russes d’avoir exécuté samedi quatre soldats ukrainiens faits prisonniers sur le front, près du village de Veterynarné, dans la région de Kharkiv (nord-est).

«Illusion»

Les observateurs militaires de DeepState, proches de l’armée ukrainienne, ont publié samedi soir des images filmées depuis un drone, non authentifiées, montrant quatre personnes allongées au sol en tenue militaire dans une zone boisée, tandis qu’une autre debout, armée, fait feu sur elles.
Dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, le lieutenant-colonel Vassyl Kobziak, 32 ans, a affirmé dimanche matin que, dans son secteur, c’était «plutôt calme».

Selon cet officier de la 33ᵉ brigade mécanisée, le cessez-le-feu n’est pas «entièrement» appliqué mais la diminution de l’intensité des combats a permis à ses soldats, dimanche matin, peu après l’aube, par un temps glacial, d’assister à une messe de Pâques dans une forêt de la région.

À Zaporijjia, grande ville du sud-est de l’Ukraine désormais située à une vingtaine de kilomètres du front, Victoria, une vendeuse de 21 ans, a, elle, assuré que cette trêve n’était qu’une «illusion». Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l’égide des États-Unis n’ont pas réussi à rapprocher les belligérants d’un accord pour arrêter les combats, le processus s’enlisant davantage à mesure que l’attention de Washington se déplaçait vers l’Iran.

La guerre en Ukraine déclenchée par Moscou a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Des millions d’autres ont été déplacées.

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