Comment ne pas lui donner raison? «Ça parle trop, et ça va trop dans tous les sens. On a tous besoin de stabilité, de calme, de retour à la paix, ce n’est pas un spectacle!» a lâché le président français, Emmanuel Macron, à des journalistes en marge d’une visite à Séoul, au sujet des multiples attaques et revirements de son homologue américain. Mais Donald Trump reste dans une contradiction permanente. Après avoir martelé, mercredi, dans son allocution à la nation que ce ne sont pas les États-Unis qui devraient s’occuper du déblocage du détroit d’Ormuz, il s’est mis à clamer vendredi, sur Truth Social, qu’«avec un peu plus de temps, nous pourrions facilement ouvrir» ce passage maritime stratégique, «mettre la main sur le pétrole et faire fortune. Ce serait une »manne » pour le monde entier». Le tout, bien sûr, en lettres capitales. Il avait promis la même chose au peuple vénézuélien, qui n’a toujours pas vu la couleur du moindre dollar depuis la capture de son président, Nicolás Maduro.
Comment résumer l’action de Donald Trump en Iran? Il affirme simultanément qu’il a gagné la guerre, qu’il est en train de gagner la guerre, qu’il a besoin d’aide pour gagner la guerre et qu’il n’a pas besoin d’aide pour gagner la guerre. Le tout pour détruire un programme nucléaire qu’il affirme avoir déjà détruit l’année dernière. Pour revenir aux propos d’Emmanuel Macron : «Ça parle trop» et «ce n’est pas un spectacle!».
En attendant de nouvelles volte-face du président américain, des pays nullement impliqués dans la guerre paient les pots cassés. Le Luxembourg est bien mieux loti que certains de ses pays voisins, mais la flambée des prix de l’énergie, provoquée par le conflit au Moyen-Orient, commence à peser lourdement sur différents secteurs d’activité, y compris les forains (lire en page 6). Les citoyens sont principalement touchés par la hausse continue des prix des carburants. Ce samedi, le diesel pointe à un niveau record de près de 2,2 euros le litre (lire en page 5). Un plein dépasse désormais les 100 euros. Faudra-t-il une intervention étatique pour amortir le choc énergétique? Le gouvernement devra au plus tard après les vacances de Pâques réévaluer la situation, dans un climat social et économique déjà très tendu.