Paul Braun, responsable du City Nature Challenge, dévoile les dessous de ce défi : chaque observation compte pour mieux connaître et aider la biodiversité du Grand-Duché.
Pendant quatre jours, les Luxembourgeois pourront se muer grâce à leur téléphone en naturalistes. Du 24 au 27 avril, le «On ne protège que ce que l’on connaît» coordonnera la participation du pays à la 11e édition du City Nature Challenge (CNC). Depuis 2016, cet évènement international de science participative invite le public à observer et documenter la faune, la flore et les champignons sauvages, via l’application gratuite iNaturalist.
En 2025, ce sont 251 Luxembourgeois qui ont joué le jeu en collectant 10 635 observations sur 1 784 espèces. Mais le CNC dépasse les frontières du Grand-Duché : lors de la dernière édition, elle a mobilisé plus de 500 régions sur les six continents, permettant de recenser plus de 3,3 millions d’observations dans le monde entier.
Pour Paul Braun, responsable du challenge, l’intérêt de l’opération ne peut pas se résumer à une seule mission. Ce défi est «un effort en commun, à l’échelle globale, permettant de se rendre compte et de documenter les espèces sauvages autour de nous». C’est aussi une manière de renforcer «la conscience et sensibilité du public envers la diversité d’espèces sauvages».
Ces ambitions prennent une résonance particulière dans notre contexte environnemental. Paul Braun rappelle qu’«il y a un déclin dans le nombre mais aussi dans l’abondance d’espèces sauvages». Il souligne aussi que «la perte d’habitat spécifique affecte surtout et en premier des espèces déjà rares au Luxembourg». Il précise également que «le changement climatique booste l’arrivée de certaines espèces invasives». Face à cette pression, le challenge entend remettre la biodiversité au cœur du regard citoyen : «On ne protège que ce que l’on connaît», insiste-t-il.
Une collecte de données utile
Au-delà de la sensibilisation, le City Nature Challenge représente un vrai travail de naturaliste. Paul Braun rappelle que «la collecte et le partage d’observations de la biodiversité via l’application nous permet d’enrichir nos bases de données sur la distribution des espèces au Luxembourg et au monde». Il ajoute que ces informations permettent aux «scientifiques et aux preneurs de décision» de mieux s’informer, «quasiment en temps réel». Les observations validées au niveau «recherche» ne restent d’ailleurs pas sur l’application : elles sont également exportées vers d’autres outils et bases de données, notamment le Global Biodiversity Information Facility (GBIF) et le portail national géré par le natur musée.
Le fonctionnement de l’application iNaturalist repose sur «un modèle de reconnaissance d’image» capable de proposer une identification, ensuite vérifiée par une communauté d’utilisateurs expérimentés, de naturalistes et de chercheurs. L’évènement recherche donc aussi à faire naître des habitudes durables. «Cet évènement nous permet de promouvoir l’outil iNaturalist» et «de lancer la saison d’observation des espèces , souligne encore Paul Braun, qui espère «recruter ainsi de nouveaux utilisateurs usuels de la plateforme».
«Le challenge s’adresse à tout public», poursuit Paul Braun. Que l’on participe seul, en groupe, en famille ou en rejoignant l’une des dix sorties proposées, ces activités sont une invitation à découvrir «la nature luxembourgeoise à son propre rythme», que ce soit «en forêt, dans un parc, dans son jardin ou lors d’une promenade», conclut le responsable.
Une visioconférence est organisée le mercredi 22 avril par le Science Club du natur musée pour expliquer le déroulé et détail du challenge. Plus de détails et d’informations sur les différentes activités sont disponibles sur mnhn.public.lu.