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Nouveau bâtiment du CHL : le moulin sera détruit, puis reconstruit à proximité


L'avenir du moulin est en discussion depuis plus de dix ans. (Photo : fabrizio pizzolante)

Face aux contraintes du nouveau bâtiment hospitalier, les autorités optent pour une solution de compromis prévoyant la déconstruction puis la reconstruction du moulin historique à quelques mètres de son site d’origine.

Dans le cadre du projet de nouveau bâtiment du Centre hospitalier de Luxembourg, l’avenir du moulin à vent classé du site a longtemps été incertain. Voilà même plus de dix ans qu’il est évoqué. Inscrit à l’inventaire supplémentaire depuis 2002, cet élément du patrimoine devait initialement céder la place aux infrastructures d’urgence indispensables au fonctionnement du futur hôpital.

Comme le soulignent les ministères de la Culture et de la Sécurité sociale dans un communiqué conjoint ce lundi 30 mars, «la réalisation d’un grand hall des urgences et d’un SAS ambulances, impliquant la démolition du moulin, a été retenue», en raison des besoins liés à cette «infrastructure critique». Face à ces contraintes, les autorités ont toutefois poursuivi les discussions afin de trouver une alternative viable.

Après plusieurs mois de concertation entre les deux ministères, ainsi que les acteurs concernés, une issue a été trouvée. «Une solution tenant compte des différents enjeux a été dégagée : elle prévoit la reconstruction de la tour du moulin à vent à proximité immédiate de son lieu d’origine», précise ainsi le communiqué.

Concrètement, le moulin sera soigneusement déconstruit, ses éléments stockés dans des conditions sécurisées, puis remonté après l’achèvement du «Nouveau Bâtiment Centre», attendu au plus tard au second semestre 2029. Le futur emplacement, situé au croisement du Val Fleuri et de la route d’Arlon, permettra de préserver un lien avec l’histoire du site tout en libérant l’espace nécessaire aux services hospitaliers.

Des enjeux patrimoniaux

Cette solution repose sur un travail technique approfondi. Un groupe interministériel a ainsi étudié les possibilités de conservation, menant à la décision, en octobre 2025, de «soigneusement déconstruire l’édifice, conformément aux règles de l’art, en vue de sa reconstruction ultérieure».

Au-delà de la simple relocalisation, le projet ambitionne également de valoriser davantage ce témoin du passé industriel. Le communiqué évoque ainsi une «mise en valeur renforcée», avec une meilleure accessibilité, une signalétique pédagogique et des dispositifs de médiation pour le grand public.

La reconstitution des ailes du moulin est même envisagée. «Le nouvel emplacement, situé à proximité de la future ligne de tramway et aisément accessible au public, offrira une visibilité accrue au moulin. Des aménagements spécifiques, tels qu’une signalétique pédagogique et des dispositifs de médiation, permettront d’en valoriser l’histoire et la portée dans le développement industriel du Grand-Duché.»

Enfin, cette opération sera intégralement financée par le CHL, maître d’ouvrage du projet. Elle implique toutefois une décision notable sur le plan patrimonial : «Le ministre de la Culture a autorisé, sous ces conditions, la radiation du moulin de l’inventaire supplémentaire des monuments nationaux».

Ce dossier illustre les tensions fréquentes entre développement d’infrastructures essentielles et préservation du patrimoine. En mai 2025, les ministères compétents avaient reconnu que la protection du patrimoine avait été prise en compte trop tardivement dans la planification de ce projet. Un an plus tard, et après avoir trouvé ce compromis, chacun souligne surtout «l’importance de prendre en compte les enjeux patrimoniaux dès la phase de planification des projets».

Ouverture prévue en 2028

Pour rappel, cette nouvelle construction vise à seconder l’hôpital municipal, qui ne répond plus aux besoins de la population croissante, entraînant des délais d’examen à rallonge, voire des consultations refusées aux patients dans certains services en surchauffe – gastroentérologie, cardiologie. Ce nouvel immeuble aux équipements de pointe améliorera ainsi considérablement la prise en charge.

La structure, qui abritera le plus grand bâtiment hospitalier du pays dès 2028, comptera neuf étages, complétés de trois niveaux en sous-sol. Elle regroupera, sur un seul et même site, l’ensemble des activités cliniques du CHL, de la clinique d’Eich, et de l’Institut national de chirurgie cardiaque et de cardiologie interventionnelle (INCCI).

Côté digitalisation, le circuit du médicament sera automatisé, les équipements médico-techniques géolocalisés, un potentiel pour un système de traction logistique par robot est prévu (lits, médicaments, matériel de stérilisation), et le réseau 5G sera déployé partout.

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