Un tiers des commerçants en ligne trichent lors des campagnes de promotion du «Black Friday», a déploré l’Union européenne jeudi, après un contrôle réalisé par les autorités de protection des consommateurs dans une série de pays. Le Luxembourg y a participé.
Les autorités d’une vingtaine d’États européens, dont la France et l’Allemagne, ont contrôlé plus de 300 commerçants en ligne durant le «Black Friday» et le «Cyber Monday» de fin novembre, deux journées successives de ventes à prix cassés.
30% des commerçants affichaient des réductions de manière incorrecte, a indiqué la Commission européenne, qui souligne qu’ils ne peuvent pas augmenter artificiellement le prix de leurs articles juste avant de les solder.
Bruxelles dénonce également des techniques de vente en ligne destinées à influencer les consommateurs. 36% des commerçants contrôlés ont tenté d’ajouter des articles supplémentaires dans le panier des consommateurs, parfois sans demander clairement leur consentement. 18% ont eu recours à des techniques de vente sous pression, en prétendant par exemple qu’un produit est pratiquement épuisé ou en affichant un compte à rebours qui incite à l’achat. Et 10% ont ajouté des frais supplémentaires tardivement dans le processus d’achat, comme des frais d’expédition ou de service.
L’ajout d’articles sans le consentement du consommateur, l’affichage trompeur des prix, les fausses affirmations selon lesquelles un produit serait bientôt épuisé, ou la dissimulation de frais supplémentaires jusqu’à la fin du processus sont des pratiques illégales au regard du droit européen de la consommation, rappelle la Commission européenne.
À la suite de ce contrôle, les autorités nationales de protection des consommateurs peuvent prendre des mesures à l’encontre des entreprises concernées.
Des irrégularités au Luxembourg
Dans le cadre de cette action, la Direction de la protection des consommateurs (DPC) a suivi l’évolution des prix de certains produits pendant cette période promotionnelle. «Il a relevé que, parmi les 34 sites contrôlés, 12 affichaient des promotions ne respectant pas les dispositions du Code de la consommation, notamment l’obligation de faire apparaître le prix le plus bas pratiqué au cours des 30 derniers jours précédant la promotion», indique la Direction de la protection des consommateurs (DPC). Pour rappel, cette information doit figurer à côté du prix réduit pour permettre au consommateur de vérifier la réalité de la promotion affichée.
La DPC a annoncé qu’elle prendrait «contact avec les professionnels luxembourgeois concernés afin qu’ils modifient leurs pratiques commerciales». Elle informera, par ailleurs, les autorités des autres pays si un problème est observé «pour un professionnel étranger qui vend au, ou livre vers le Luxembourg».
Avec AFP