MUSIQUE Pour la première fois en près de 60 ans d’existence, le Montreux Jazz Festival se décline sur le continent africain, au cœur de la région viticole du Cap, en Afrique du Sud.
Si l’emblématique festival de jazz a lieu à Montreux, en Suisse, des éditions internationales sous licence et des collaborations ont déjà été organisées à Tokyo, Miami, Rio de Janeiro, São Paulo et Suzhou, en Chine. Cette nouvelle version à Franschhoek, en Afrique du Sud, est le fruit du travail de deux locaux. Ces habitués du festival de Montreux, Mark et Raffaella Goedvolk, souhaitaient proposer une version du festival inspirée par l’Afrique, explique James Stewart, coorganisateur du festival et habitant de Franschhoek. «Ce qui rend le festival unique, c’est une combinaison de musique de classe mondiale et de la richesse culturelle de la vallée de Franschhoek – la nourriture, le vin, le paysage, les habitants», estime-t-il.
Parmi la trentaine d’artistes au programme de vendredi à dimanche, figurent talents locaux et noms internationaux comme le chanteur et compositeur malien de 76 ans Salif Keïta ou la Sud-Africaine Thandiswa Mazwai. Une fréquentation de 5 000 personnes par jour est attendue, une «capacité limitée afin de préserver la qualité de l’expérience», explique la porte-parole du festival, Kaz Henderson, avec l’objectif d’en faire un événement annuel.
Mais pour sa première édition, le festival se déroule le même week-end que le Cape Town International Jazz Festival, vieux de 26 ans, qui se tient à environ 80 km de là, au Cap. «Venir organiser ça le même week-end traduit quelque chose de très dommageable pour le milieu», regrette Rayhaan Survé, président d’espAfrika, la société organisatrice du festival du Cap. Un chevauchement qui divise à la fois les moyens logistiques et le public. Plus de 30 000 personnes sont attendues sur l’ensemble du week-end au festival du Cap, pour y voir entre autres la star locale Abdullah Ibrahim, aujourd’hui âgé de 91 ans.