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L’UEL ne veut pas d’une hausse du salaire minimum


Michel Reckinger est le président de l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) (Photo : archives editpress)

L’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) alerte sur les risques d’une hausse du salaire minimum, alors que syndicats et gouvernement discutent d’une revalorisation structurelle. Elle propose la création d’une «Commission SSM».

Alors que le ministre du Travail, Marc Spautz, rencontrait ce mardi l’Union des syndicats OGBL-LCGB pour clarifier les positions sur une hausse du salaire minimum, l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) est montée au créneau par le biais d’un communiqué publié dans l’après-midi.

Pour l’UEL, une hausse du salaire minimum «aurait des conséquences immédiates et sévères sur la compétitivité des entreprises et sur l’emploi». Les syndicats réclament, eux, une hausse structurelle de 300 euros pour arriver à un salaire minimum de quelque 3 000 euros.

Hausse du chômage, absence de croissance, productivité en baisse, le tout dans un contexte international tendu… L’UEL rappelle la situation économique difficile dans laquelle se trouve le Luxembourg depuis plusieurs années. Elle appelle le gouvernement «à tenir compte de cette réalité et à prendre des décisions responsables pour préserver l’emploi et la compétitivité du pays».

Si elle se dit consciente de la difficulté de vivre au Grand-Duché avec l’actuel salaire minimum, l’UEL souhaite que des politiques sociales soient engagées plutôt que soit créé un «alourdissement supplémentaire de la charge qui pèse sur des entreprises déjà fragilisées par la conjoncture actuelle».

Dans son communiqué, l’UEL revient sur la directive 2022/2041 sur les salaires minimums et demande au gouvernement d’établir «une procédure claire pour la fixation et l’actualisation du salaire minimum légal sur la base de critères conçus pour contribuer à l’évaluation de son caractère adéquat».

En ce sens, elle propose, au ministre du Travail et au ministre de l’Économie, une procédure reposant sur la base de valeurs de référence indicatives et de critères nationaux. Celle-ci remplacerait la revalorisation bisannuelle actuellement appliquée de manière mécanique, qui ne tient compte que de l’évolution des revenus sans prendre en considération l’ensemble des conditions socio-économiques, comme l’exige pourtant la directive. Aussi, l’UEL imagine la création d’une «Commission SSM» regroupant des experts et les parties prenantes concernées.

«L’objectif est de placer le débat autour du SSM dans un cadre clair afin d’en dégager une discussion objective sur la base de valeurs de référence pertinentes propres au Luxembourg tout en évitant les dérives et instrumentalisations politiques», conclut l’UEL, qui appui le fait qu’aucune augmentation discrétionnaire du salaire minimum ne doit avoir lieu, en dehors de l’indexation automatique des salaires.

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