Le LISER a réalisé une étude sur le profil des primo-arrivants immigrés et frontaliers qui s’intègrent sur le marché de l’emploi au Luxembourg.
Le ministère de l’Économie a publié mardi la première partie d’une étude sur l’attraction et la rétention de talents au Luxembourg. Réalisée par le LISER, celle-ci a analysé les flux d’entrée et de sortie des travailleurs primo-arrivants, qu’ils soient immigrés ou frontaliers, sur le marché de l’emploi au Luxembourg entre 2002 et 2024.
L’étude note d’abord l’importance croissante des travailleurs étrangers au Luxembourg. «Entre 2002 et 2024, le nombre de primo-arrivants sur le marché de l’emploi au Luxembourg qui sont nés à l’étranger a fortement augmenté, analyse le LISER. Près de 90 % des primo-arrivants sur le marché de l’emploi pendant l’année 2024 sont nés en dehors du Luxembourg.» Une dynamique qui s’explique notamment par l’immigration et les travailleurs frontaliers. Il s’agit également d’une main-d’œuvre jeune, la grande majorité de ces primo-arrivants ayant moins de 39 ans (environ 75 % d’entre eux entre 2021-2024).
Environ 8 200 travailleurs étrangers se sont installés au Luxembourg pour la première fois en 2024. Leur origine a énormément évolué avec les années : les trois pays frontaliers (Allemagne, Belgique et France) représentent désormais une part plus faible qu’auparavant parmi les nouveaux entrants. «Leur proportion, qui atteignait encore 73 % en 2002, est tombée à 46 % parmi les primo-arrivants en 2024.» En parallèle, la part des ressortissants de pays non européens continue d’augmenter depuis plusieurs années au détriment de nationalités traditionnellement bien implantées comme les Portugais.
15 200 nouveaux frontaliers en 2024
Environ 15 200 nouveaux travailleurs frontaliers ont rejoint le marché luxembourgeois en 2024. «La proportion de frontaliers primo-arrivants venant de France continue de croître, tandis que celles d’Allemagne et de Belgique reculent», affirme le LISER. Mais les pays d’origine de ces frontaliers ont également fortement évolué et beaucoup d’entre eux ont des origines différentes de leur pays de résidence. «En 2024, 62 % des frontaliers venant de Belgique ne sont pas nés dans leur pays de résidence. Cette part est de 42 % pour ceux venant d’Allemagne et de 38 % pour ceux venant de France.»
Au-delà des origines, l’étude s’est intéressée à la rétention des travailleurs sur le marché luxembourgeois. Il en ressort que la main-d’œuvre étrangère est très mobile, tant pour les primo-arrivants immigrés que frontaliers. «Environ 30 % des primo-arrivants sur le marché de l’emploi quittent le Luxembourg dans l’année suivant leur arrivée et 50 % quittent le pays dans les cinq ans.»
Des frontaliers moins qualifiés
Les secteurs privilégiés par les travailleurs étrangers changent selon qu’ils sont immigrés ou frontaliers. Les premiers s’orientent de plus en plus vers des secteurs demandant de fortes compétences. Les branches «Activités spécialisées, scientifiques et techniques» et «Activités financières et d’assurance» regroupent par exemple 40 % des travailleurs immigrés arrivés en 2024. En parallèle, la part des métiers manuels a nettement diminué, passant de 66 % entre 2002 et 2005 à seulement 29 % entre 2021 et 2024.
À l’inverse, les travailleurs frontaliers restent plus présents dans des secteurs nécessitant moins de qualifications, notamment la construction, le transport et l’entreposage. «Toutefois, les secteurs à forte intensité de compétences gagnent également progressivement en importance», conclut le LISER.
Pour analyser les flux d’entrée et de sortie des travailleurs primo-arrivants sur le marché de l’emploi au Luxembourg sur la période 2002-2024, le LISER a adopté une nouvelle méthodologie. Cette dernière s’est fondée sur l’analyse des flux plutôt que sur l’analyse du nombre total des travailleurs actifs sur le marché de l’emploi. De quoi permettre de mieux capter les dynamiques existantes.