Pour Max Verstappen, la Formule 1 ressemble à une course sans saveur de monoplaces électriques. Lewis Hamilton, au contraire, retrouve le plaisir du karting de son enfance.
Verstappen, quatre couronnes mondiales avec Red Bull mais en difficulté en ce début d’année, n’a pas de mots assez durs depuis cet hiver contre la F1 millésime 2026, dont le règlement sur les moteurs 50/50 électriques et thermiques, les châssis et l’aérodynamique a été remis à plat. L’un des objectifs des organisateurs, la Formule 1 et la Fédération internationale de l’automobile (FIA), est d’améliorer le déjà très prospère spectacle en favorisant des affrontements et des dépassements sur les circuits.
« Si quelqu’un aime ça, alors il ne comprend vraiment pas ce qu’est le sport automobile », a contesté dimanche devant la presse à Shanghai Max Verstappen, ulcéré par ses mauvais résultats ce week-end au Grand Prix de Chine, troisième manche du Championnat du monde.
Il a affirmé qu’au volant de sa nouvelle Red Bull, il avait l’impression d’être comme dans le jeu vidéo Nintendo «Mario Kart». Il avait déjà comparé la F1 version 2026 à de la «Formule E (électrique) sous stéroïdes».
C’est juste une blague
Verstappen a écrasé la concurrence de 2021 à 2024 et raté l’an dernier un cinquième titre à deux points du champion du monde britannique Lando Norris (McLaren) au bout d’une folle mais vaine remontée. Mais son début de saison est laborieux : sixième au GP Melbourne (Australie) le 8 mars, il n’a pu faire mieux que neuvième à la course sprint samedi à Shanghai et a abandonné dix tours avant la fin du GP dimanche, sur casse mécanique.
Un «week-end particulièrement mauvais», a-t-il pesté sur Sky Sports. Le Néerlandais de 28 ans a reçu le soutien du double champion du monde 2005-2006 Fernando Alonso, au fin fond du classement avec son Aston Martin-Honda qui n’a que des déboires: le vétéran espagnol de 44 ans a ironisé sur «un championnat de batteries».
Parmi les innovations techniques, les pilotes peuvent activer en course un mode «overtake» et un bouton «boost» pour se donner un regain de puissance électrique et dépasser un concurrent poursuivi de très près. Mais le risque est de mettre la «batterie à plat» et de se faire «redépasser», a fustigé Verstappen, résumant, dépité, «c’est juste une blague».
Dans un élan contraire, chez Ferrari on défend le règlement 2026 auquel son directeur français Frédéric Vasseur a dit s’être préparé depuis un an. Ses pilotes Lewis Hamilton, super star britannique couronnée sept fois, et le Monégasque Charles Leclerc, brillent en ce début de saison et ont fini à Shanghai troisième et quatrième derrière les Mercedes du prodige italien de 19 ans, Kimi Antonelli, et du Britannique George Russell, qui s’était imposé à Melbourne.
«Le public adore»
Les deux pilotes de la Scuderia se sont livré une sacrée bataille sur la piste, faisant du touche-touche avec leurs roues dans les virages et défiant les ultra performantes Mercedes. Ce qui a fait dire à Hamilton, qui en a pourtant vu à 41 ans, que c’était «la meilleure expérience de course (qu’il ait) jamais vécue en Formule 1», la comparant à… «du karting, (avec) sans cesse des va-et-vient», ces mini bolides dans lesquels tous les pilotes débutent enfants.
Interrogé par la presse à Shanghai, Toto Wolff, directeur de l’écurie Mercedes qui domine pour l’heure le championnat, a assuré que le «public adore» la nouvelle F1. «Stefano (Domenicali, président de la Formule 1) est du même avis. Conduire la voiture n’est peut-être pas la partie la plus agréable pour certains, mais le spectacle plaît au public», a insisté l’influent dirigeant autrichien.
Du côté de la FIA, un porte-parole a indiqué mardi qu’il y aurait «une réunion cette semaine avec les chefs d’écuries mais (qu’)aucun changement majeur n’y est attendu».
En revanche, «dix jours après le Grand Prix du Japon (le 29 mars), une réunion avec les directeurs technique de chaque équipe est prévue pour faire le point de manière plus approfondie et apporter des modifications, si nécessaire», a-t-on ajouté.