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Vaines fureurs

Les Européens ont encore mis en colère Donald Trump. La poisse. Après avoir quémandé une aide pour sécuriser le détroit d’Ormuz, le président américain a reçu une fin de non-recevoir de ses partenaires du Vieux Continent membres de l’OTAN.

La réponse a été polie et ferme, ce qui n’a pas plu au chef d’État de l’autre côté de l’Atlantique. Il a encore mis en scène cette mauvaise nouvelle en estimant que sa grande Amérique pouvait se débrouiller toute seule.

Alors que les bombes continuent à tomber en Iran, sur les pays du Golfe, en Irak, au Liban et sur Israël, l’autoproclamé futur prix Nobel de la paix se retrouve de plus en plus englué dans un conflit qui le dépasse. Sans surprise.

Pas facile de voir notre allié le plus important se débattre dans une guerre qui s’annonce longue et coûteuse, à moins d’un improbable coup de théâtre.

L’épisode du Venezuela a grisé le président américain, imaginant ses forces invincibles après une opération spéciale qui a permis l’extradition (le kidnapping) du président Nicolás Maduro.

À Caracas, dès le départ du chef d’État, une transition s’est mise en place sous la surveillance de Washington. Elle est encore timide, mais elle est en cours. Le locataire de la Maison-Blanche aurait-il pu imaginer que cela se déroulerait presque aussi facilement en Iran?

Comment l’administration Trump a-t-elle pu se tromper à ce point-là? Déjà, la base MAGA ne sait plus quoi penser : leur favori avait pourtant promis qu’il n’y aurait pas de guerre hasardeuse lors de ce mandat.

Aux côtés du président américain, c’est aussi le questionnement. Joe Kent, un haut responsable de la lutte contre le terrorisme, a démissionné à cause du conflit. Cela n’a pas traumatisé Donald Trump, qui sait toujours faire d’une défection une bonne nouvelle.

Autour du président, il restera toujours l’hystérique ministre de la guerre Pete Hegseth, dont les diatribes devant la presse n’ont rien à envier à celles des porte-parole de sombres dictatures au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud.

De la surenchère pour mieux cacher l’échec. Autour de Trump, les hommes du président tiennent bon pour l’instant. Une drôle d’équipe pour sauver le monde et redonner sa grandeur à l’Amérique.

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