Alors que les tensions militaires atteignent un point critique au Moyen-Orient, l’Iran rejette toute négociation avec les États-Unis.
La situation sécuritaire au Moyen-Orient a franchi un nouveau seuil critique, marquée par une extension géographique des hostilités et un durcissement diplomatique. Alors que Donald Trump affirmait que Téhéran souhaitait «conclure un accord» pour mettre fin aux hostilités, la réponse iranienne a été cinglante. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a martelé que l’Iran «ne voit aucune raison de négocier» avec les États-Unis. Tout en exhortant les nations à «s’abstenir de toute action pouvant mener à une escalade», il a affirmé disposer de «nombreuses preuves» que des bases américaines dans la région sont utilisées pour attaquer la République islamique.
Face à face meurtrier
Sur le terrain, la confrontation directe entre l’Iran et Israël s’intensifie. Des missiles iraniens ont visé le centre d’Israël, faisant huit blessés, tandis que Téhéran revendiquait des frappes de drones contre une unité de police et un centre de communications. Une source militaire israélienne a toutefois assuré qu’il n’y avait «pas de pénurie d’intercepteurs» de missiles. En représailles, l’armée israélienne a lancé «une vaste vague» de frappes contre des infrastructures stratégiques dans l’ouest de l’Iran.
Le Liban reste le théâtre le plus sanglant. Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes y ont fait 850 morts, dont 107 enfants. La Finul a annoncé que ses Casques bleus avaient essuyé des tirs, «probablement de groupes armés non étatiques», dans le sud du pays. Parallèlement, le Hezbollah a revendiqué le tir d’un «missile sophistiqué» sur la base de Palmachim, située à «140 km de la frontière», tout en harcelant les troupes israéliennes au sol.
Le Golfe sous tension
L’instabilité se propage désormais à tout le Golfe. Au Koweït, la base Ali Al Salem a été touchée par un drone. En Irak, l’aéroport de Bagdad a été la cible de roquettes, menaçant une prison de haute sécurité. Cette dégradation a poussé l’Espagne à déplacer ses militaires vers «des lieux sûrs» de manière «temporaire». Plus au sud, des explosions ont secoué le Bahreïn, tandis que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont intercepté de nombreux drones et missiles.
Les conséquences économiques sont immédiates. Pour contrer la flambée des prix, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) va débloquer «immédiatement» ses stocks stratégiques de pétrole en Asie et en Océanie, puis en Amérique et en Europe fin mars. Malgré le blocage du détroit d’Ormuz, le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, qualifie la situation de «souffrance passagère» et prédit que la guerre s’achèvera «dans les prochaines semaines». Entre la multiplication des fronts et le verrouillage diplomatique de Téhéran, le Moyen-Orient semble pourtant s’installer dans un conflit dont l’impact mondial ne cesse de s’alourdir.