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La machine s’enraye

La guerre contre l’Iran, qui s’est rapidement étendue à l’ensemble du Moyen-Orient, se déroule-t-elle vraiment selon la stratégie établie par les États-Unis et Israël? Les vraies questions qui se posent au bout de deux semaines de bombardements sont de savoir s’il existe une stratégie et si Donald Trump savait dans quel bourbier il s’engageait. Le président américain a beau fanfaronner, la réalité est que le régime iranien est toujours debout. Chaque jour, les gardiens de la révolution lancent des missiles et drones sur Israël et les pays du Golfe. Même le territoire de l’UE et de l’OTAN est visé. Les forces iraniennes bloquent toujours avec succès le détroit d’Ormuz. L’Iran n’a pas d’arme nucléaire, mais vise le commerce énergétique mondial et fait d’importants dégâts.

Un signe que la guerre ne se déroule pas comme prévu est l’attaque frontale contre CNN menée par l’administration Trump. La réponse à toute couverture critique et factuelle reste la même : les médias ne feraient que propager de «fausses informations» pour nuire à Donald Trump. Nos confrères américains ont notamment affirmé que le gouvernement Trump avait sous-estimé le risque de fermeture du détroit d’Ormuz en cas de conflit avec l’Iran. La porte-parole du président fulmine sur X : «Cela fait des décennies que le Pentagone anticipe la fermeture désespérée et insensée par l’Iran du détroit d’Ormuz (…)». Les mêmes préparatifs ont pourtant, selon plusieurs sources, conduit les États-Unis à bombarder une école. Les services de renseignement se seraient apparemment appuyés sur d’anciennes cartes où le bâtiment était encore occupé par les gardiens de la révolution. Plus de 170 personnes, dont de très nombreux enfants, ont été tuées dès le premier jour de la guerre.

Donald Trump reste évasif sur ses objectifs. Un «sentiment» l’aurait amené à lancer l’offensive. Vendredi, il a affirmé que la guerre se terminerait «quand (il) le sentir(a) dans (s)es tripes». Le président avait déjà clamé que la guerre était «quasiment finie», que le régime iranien était à bout. Plus de marine, plus de force aérienne du côté iranien, mais toujours le besoin de frapper «très fort» pour les États-Unis. Selon le New York Times, quelque 2 500 Marines et trois navires de plus ont pris la direction du Moyen-Orient. Un signe de plus que la machine de guerre s’enraye.

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