Le premier tour des municipales a lieu ce dimanche, un scrutin test à un an de la présidentielle de 2027.
Le Rassemblement national (RN) voit ces élections locales comme un premier jalon vers sa possible accession au pouvoir en 2027 après deux mandats consécutifs d’Emmanuel Macron. Probable prétendant à l’Élysée si Marine Le Pen était empêchée, le président du RN Jordan Bardella, favori des sondages, s’est particulièrement mobilisé aux municipales.
Pour ce scrutin, les enjeux locaux l’emportent sur les préoccupations nationales pour 76 % des Français, selon un sondage Ipsos-BVA-Cesi. Pour autant, aucun observateur ne manquera d’avoir une interprétation nationale des résultats.
Seul candidat à même d’accéder au second tour de la présidentielle face au RN, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, chef du parti de droite Horizons, a fait de ces municipales un enjeu personnel. Candidat au Havre à sa réélection, il a lié son destin national à une victoire. Mais un sondage récent le donne perdant.
Autre point fort de ce scrutin : la bataille pour remporter la mairie de Paris, lorgnée par la droite conservatrice (LR), qui croit aux chances de sa candidate, l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati, pour ravir la capitale au Parti socialiste, au pouvoir depuis 25 ans.
Un maire RN pour Marseille?
La gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon (LFI), elle, veut faire des municipales un tour de chauffe avant 2027 en étoffant un maillage local encore maigre. Les écologistes, de leur côté, tenteront de limiter la casse mais craignent la déconfiture, après avoir gagné une dizaine de grandes villes en 2020. Lyon et Strasbourg notamment pourraient tomber.
C’est «le scrutin municipal le plus incertain depuis cinquante ans au moins», même dans les plus grandes villes, prévient la sondeuse Adélaïde Zulfikarpasic, d’Ipsos-BVA. Incertitude qui s’explique notamment par la «très grande fragmentation du paysage politique» et le grand nombre de listes susceptibles de se maintenir au second tour, selon le directeur d’étude de cet institut, Mathieu Gallard.
Ce flou nourrit les espoirs. Jordan Bardella (RN) a chiffré les siens : «Plusieurs dizaines de communes» pourraient élire le parti d’extrême droite, selon lui. Il présentera un nombre record de listes, au moins 650 sur un total de quelque 35 000 communes. Le joyau de la couronne serait Marseille, deuxième ville de France, où son candidat Franck Allisio est au coude-à-coude avec la coalition de gauche du maire Benoît Payan.
À droite, Nice est l’objet d’un duel entre deux anciens piliers LR partis dans des directions opposées, Christian Estrosi et Éric Ciotti.
Les stratégies du second tour seront scrutées. Le PS et LFI trouveront-ils un terrain commun? La droite tendra-t-elle la main au RN?
Selon un sondage publié jeudi, la participation au scrutin pourrait être comprise entre 65 et 71 %.