Jusqu’à 100 000 personnes ont manifesté jeudi à Bruxelles contre des réformes économiques.
La police de la capitale belge avait dénombré 80 000 manifestants déjà le 14 octobre, au pic de la mobilisation syndicale engagée depuis début 2025, à l’entrée en fonctions du nouveau gouvernement. Les syndicats annoncent 100 000 participants.
«C’est le signe d’une détermination très forte mais aussi de l’angoisse générée par la situation géopolitique. Elle montre que les fins de mois vont devenir vraiment très difficiles avec l’augmentation d’une série de produits de base; essence, diesel, produits de chauffage», a déclaré Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la Confédération des syndicats chrétiens (CSC).
Dans le cortège, de nombreuses pancartes avec le chiffre 67 barré s’en prenaient à la suppression des possibilités de départ en retraite anticipé et à l’alignement public/privé sur l’âge de 67 ans à l’horizon 2030.
Cette réforme des pensions doit s’accompagner d’un système de bonus-malus tout juste dévoilé par le gouvernement et qui est jugé par les syndicats très défavorable aux carrières hachées et donc aux femmes.
«Maintenir le cap, c’est notre devoir»
Interpellé à la Chambre par l’opposition de gauche qui lui reprochait un «coup de force antisocial», le Premier ministre, Bart De Wever, a réaffirmé que ses réformes étaient indispensables pour assainir les finances publiques.
«Maintenir le cap, c’est notre devoir. Ne pas le faire, ce serait une preuve d’égoïsme envers nos enfants et petits-enfants», a martelé Bart De Wever.
La manifestation s’est principalement déroulée sans heurts, la police faisant état d’une cinquantaine d’interpellations.
Le Parlement belge a voté l’été dernier la limitation à deux ans des allocations chômage, une réforme phare du gouvernement De Wever accusée par les syndicats de précariser des milliers de Belges, particulièrement dans la région de Bruxelles et en Wallonie, où le taux de chômage est deux fois plus élevé qu’en Flandre.
Transports publics, administrations, collecte des déchets : la grève a entraîné des perturbations dans de nombreux secteurs.
Faute d’agents de sécurité et de manutentionnaires en nombre suffisant, les deux principaux aéroports belges, Bruxelles-Zaventem et Charleroi, ont annulé à l’avance tous les départs qui étaient initialement prévus jeudi.