Certes, les conclusions de l’enquête menée par la Fedil sur les perspectives d’embauche dans l’industrie luxembourgeoise doivent être remises dans leur contexte.
Seule une petite centaine des près de 700 entreprises actives dans le secteur ont participé à cet état des lieux. Les résultats reposent sur des données datant de septembre 2025.
L’impact de la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie qui en découle n’ont donc pas été pris en compte. Mais, dans leur ensemble, les chiffres présentés hier par la Fédération des industriels constituent une bonne surprise.
Ont été identifiées par la Fedil, en collaboration avec l’Adem, quelque 3 000 intentions d’embauche pour 2026 et 2027, soit une hausse de 53,65 % par rapport aux mêmes prévisions en 2024.
Quelque 800 nouveaux employés sont recherchés dans les métiers de support administratif et informatique. Un chiffre qui contraste avec le projet d’ArcelorMittal de supprimer jusqu’à 1 150 postes au Luxembourg dans le cadre d’un plan européen visant précisément ces fonctions support.
Les tractations entre le géant de l’industrie, les syndicats et le gouvernement se poursuivent. La semaine dernière, le ministre du Travail, Marc Spautz, a confirmé devant la Chambre qu’il n’était pas nécessaire de convoquer une tripartite sidérurgie. Un nouvel accord sur l’avenir d’ArcelorMittal au Luxembourg doit cependant être trouvé avant la fin mars.
Les résultats positifs de l’enquête de la Fedil pourraient toutefois être de courte durée. Pour amortir d’éventuels chocs, l’un des principaux défis sera de veiller à ce que les futurs travailleurs recherchés par l’industrie disposent de la formation adéquate.
Dans les métiers de support administratif et informatique, environ 60 % des postes à créer exigeront un diplôme de niveau bachelor (bac+3).
Parallèlement, il faudra aussi réussir à attirer davantage de jeunes vers les formations de l’artisanat. L’industrie manufacturière apparaît en effet comme le secteur le plus demandeur de sang neuf.
De nombreux leviers sont donc à actionner pour préserver une industrie «dynamique» et créatrice d’emplois sur le long terme. Le rebond inattendu annoncé par la Fedil ne doit pas rester une simple parenthèse.