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L’«Agence tous risques»

Non, l’État luxembourgeois ne serait pas à considérer comme une «assurance casco» ou une «agence de voyages». Mais, souligne le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, il serait du devoir du gouvernement de voir comment il peut aider ses citoyens. «Le principe de solidarité a toujours prévalu au Luxembourg. Ceux qui râlent aujourd’hui sur le prix de l’opération de rapatriement doivent être conscients qu’ils pourraient à leur tour, dans un autre lieu, se retrouver bloqués», renchérit le chef de la diplomatie luxembourgeoise.

Les centaines de ressortissants et voyageurs luxembourgeois, bloqués au Moyen-Orient depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran, se retrouvent, en effet, logés à meilleure enseigne que des touristes belges, néerlandais ou allemands. Leurs gouvernements respectifs facturent jusqu’à 600 euros pour un rapatriement depuis le Moyen-Orient vers l’Europe. «La vocation du gouvernement n’est pas de se substituer à une agence de voyages, mais de sauver des vies, d’extraire le plus grand nombre de personnes des théâtres de guerre. Le coût demandé (…) c’est le même que ce que demandent les Pays-Bas, c’est 50 % d’un tarif classique, bien meilleur marché en tout cas que toute alternative par avion», assure Maxime Prévot, le ministre belge des Affaires étrangères.

La Belgique compte environ 26 000 ressortissants au Moyen-Orient dont 14 000 en Israël et plus de 5 000 aux Émirats. Il s’agit d’un autre ordre de grandeur que les quelque 600 personnes que le Luxembourg cherche à évacuer. Le gouvernement a plus facilement pu affréter un avion. Il soutient Luxair et l’armée pour organiser d’autres vols de rapatriement. L’argument belge est valable. En même temps, il ne faut pas perdre des yeux que la situation reste explosive dans la région du Golfe. Hier soir, un vol Air France affrété par Paris pour rapatrier des Français des Émirats a dû faire demi-tour en raison de tirs dans la zone. Paradoxalement, les évacuations par des avions militaires s’avèrent, selon Xavier Bettel, plus compliquées que prévu. Un pont aérien depuis l’Égypte est mis en place par le Benelux et l’Allemagne. Des opérations en mode «Agences tous risques» sont à mener. Leur coût doit, dans un premier temps, être secondaire.

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