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Zone de non-droit

Même si cela n’excuse en rien l’action du régime, il faut poser un constat : stricto sensu, les représailles menées par l’Iran contre les bases américaines dans la région du Golfe sont davantage couvertes par le droit international que la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre la République islamique. La Charte des Nations unies interdit en effet le recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État. Les seules exceptions sont la légitime défense face à une agression armée ou un mandat octroyé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Washington et Tel-Aviv soutiennent que leur action est une légitime défense préventive nécessaire. Une justification que bon nombre d’experts jugent illégale.

Peu importe l’interprétation légale, il est un fait que le président américain se fiche du droit international. Donald Trump considère être le maître du monde qui décide seul le sort d’États non alignés sur sa vision politique et sécuritaire. La loi du plus fort a clairement repris le dessus par rapport à l’ordre international ancré après la Seconde Guerre mondiale. L’ONU n’est pas en mesure d’assumer son rôle de médiateur fondamental dans la gestion des conflits internationaux. Le Conseil de sécurité est paralysé par les blocages entre les cinq membres permanents : Chine, États-Unis, France, Russie et Royaume-Uni. Les appels du secrétaire général, António Guterres, restent lettre morte. Soulignons toutefois que le soi-disant «Conseil de paix» initié par Donald Trump ne peut en rien remplacer les Nations unies, qui dans bon nombre de domaines – à commencer par l’aide humanitaire – continuent à jouer un rôle important.

Dans le même temps, il est aberrant d’entendre le président russe, Vladimir Poutine, qualifier les opérations menées contre l’Iran de «violation cynique» de «la morale et du droit international». Le même Vladimir Poutine a lancé une sanglante guerre d’agression contre l’Ukraine, violant l’ensemble des principes de la Charte de l’ONU. Avec son opération menée contre le Venezuela en janvier et maintenant au Moyen-Orient, Donald Trump déroule le tapis rouge à son ami du Kremlin. La zone de non-droit créée par le président américain risque de nuire également à Kiev.

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