Une course contre la montre se déroule actuellement dans la région du Golfe. Mais qui est vraiment celui qui doit se dépêcher? C’est la question qui se pose tant la situation ressemble à un piège pour les deux protagonistes de cette histoire. Un piège aussi pour les populations de la région qui n’ont pas vraiment besoin d’un nouvel embrasement généralisé.
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont, encore, atteint leur paroxysme. Le locataire de la Maison-Blanche souhaite tordre le bras au régime des mollahs pour qu’il abandonne ses projets nucléaires et, accessoirement, arrête de massacrer son peuple. À Téhéran, on explique que des négociations sont en cours, qu’un accord est à portée de main. À Washington, les généraux et amiraux, sous l’œil attentif de Trump, placent leurs pions autour du pays : porte-avions, navires de guerre, avions de combat, bases régionales en alerte. La liste s’allonge dangereusement. Alors qui se bat contre le temps? Le régime iranien qui doit vite proposer un «deal» avant d’être frappé ou le président américain qui a envoyé une immense armada dans la région et ne pourra pas attendre éternellement avant de déclencher une offensive? Car le piège est aussi celui-ci pour l’homme qui aspire ardemment au prix Nobel de la paix : à force de montrer ses muscles, il risque de devoir les utiliser. Le pouvoir iranien a l’habitude des négociations longues et difficiles, il a l’habitude des menaces, il a l’habitude d’être mis au ban des nations, il a l’habitude des sanctions, il a aussi l’habitude des bombardements violents… Il a le cuir épais et peut tenir bon malgré les violentes manifestations sur son sol, malgré la menace des armes. Côté américain, Donald Trump ne voudra jamais perdre la face et il risque de s’engager dans une aventure militaire, contraint et forcé, lui qui pointait du doigt les opérations en Irak, Afghanistan, Syrie. On imagine mal, en effet, le président américain abaisser sa garde et rapatrier toute sa flotte et ses unités si le régime iranien continue à résister. Tel est pris qui croyait prendre. Le monde retient son souffle, une nouvelle fois, en regardant la stratégie du président américain.