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Violence à l’école : le SEW/OGBL réclame «une tolérance zéro»


Le syndicat regrette que ces faits ne fassent pas l’objet d’un recensement statistique systématique. (Photo d'illustration : Pexel)

Au lendemain d’une réponse du ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, à une question parlementaire, le SEW/OGBL réagit et liste une série de recommandations.

Ce lundi, le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, publiait de nombreux chiffres sur les renvois d’élèves dans les établissements scolaires du pays en réponse à une question parlementaire de la députée LSAP Francine Closener. Dans sa réponse, le ministre revenait également sur les motifs de ces décisions et pointait les actes violents comme étant l’une des causes principales de ces exclusions.

Ce mardi, le SEW/OGBL réagit à ces données et réclame «une politique de tolérance zéro face à la violence à l’école». Le syndicat regrette que ces faits ne fassent pas l’objet d’un recensement statistique systématique et revient sur un autre point évoqué par Claude Meisch : le taux élevé d’annulations d’exclusions par la Commission de recours.

Pour l’année 2025/2026, 50 % des exclusions soumises à cette commission ont été annulées, l’an dernier, ce taux s’élevait à 22,7 % et à 40,9 % pour l’année scolaire 2023/2024. Le syndicat craint que «la protection des auteurs prime sur celle des victimes — notamment lorsque les élèves concernés peuvent comparaître devant la commission avec l’assistance d’un avocat».

À la suite de ces observations, le SEW/OGBL demande à ce qu’un recensement statistique systématique de tous les incidents violents soit tenu dans les écoles du pays. Il souhaite également qu’un formulaire de signalement analogique et numérique soit mis en place pour permettre au personnel scolaire et aux élèves de signaler des faits de violences (physiques, psychologiques ou sexuelles).

Dans le même ordre d’idées, le syndicat recommande qu’un soutien ciblé aux enseignants victimes de violences dans le cadre scolaire soit instauré et que soient introduites des lignes directrices claires sur la manière dont les écoles doivent réagir face à des comportements violents d’élèves. La création de structures comme une cellule de crise ou un point de contact pour les élèves victimes de violences et/ou de harcèlement serait nécessaire, selon le SEW/OGBL.

Il préconise également la possibilité de scolariser temporairement, dans un centre de compétences, les élèves ayant commis à plusieurs reprises des actes de violence en milieu scolaire, jusqu’à l’amélioration de leur comportement. Le syndicat juge nécessaire qu’une séparation physique soit mise en place entre l’auteur et la victime jusqu’aux décisions du Conseil de discipline et de la Commission de recours.

Le renforcement des programmes visant à promouvoir le respect, les compétences sociales et la gestion non violente des conflits à l’école ainsi que des formations obligatoires antiviolence en dehors du temps scolaire pour les auteurs seraient aussi souhaitables, d’après le syndicat.

Enfin, le SEW/OGBL aimerait voir la création d’un conseil juridique gratuit pour les élèves victimes de violences scolaires, en particulier lorsque les auteurs sont assistés par un avocat. «La protection contre la violence ne doit pas dépendre du statut socio-économique des parents», conclut le syndicat.

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