La guerre d’agression que la Russie mène depuis le 24 février 2022 contre l’Ukraine fait partie, depuis désormais quatre ans, de notre quotidien. Un quotidien qui, au Luxembourg et dans les autres pays d’Europe centrale, semble de plus en plus éloigné du front, alors que Kiev, rappelons-le, se situe à trois heures de vol seulement. Un quotidien qui a été malgré tout bouleversé. À commencer par l’arrivée de réfugiés de guerre au Grand-Duché. Toujours un millier en 2025, tandis que plus de 3 400 ont prolongé en mars 2025 leur statut de protection temporaire. L’élan de solidarité s’est toutefois abîmé. Face à la nouvelle menace russe, le gouvernement a, lui, dû procéder à un retentissant changement de paradigme. Cinq ans plus tôt que prévu, le Luxembourg s’est vu obligé d’augmenter son effort de défense à 2 % de son revenu national brut (RNB). Il s’agit d’une enveloppe de 1,3 milliard d’euros pour 2026, qui augmentera sans cesse d’ici à 2035. On parle aujourd’hui d’une armée grand-ducale qui va se doter d’une capacité de défense aérienne antimissile. En parallèle, l’Ukraine a été soutenue avec plus de 400 millions d’euros, sur les plans militaire, financier et humanitaire.
La guerre est donc bien plus proche que de nombreux citoyens européens veulent le croire. En même temps, il est compréhensible qu’une certaine fatigue s’installe. Une fatigue qui ne doit pas se transformer en indifférence. Car, contrairement à nous qui vivons en paix, les Ukrainiens n’ont pas le luxe d’être fatigués – qu’ils soient engagés sur le front ou qu’ils survivent à un hiver glacial, privés de chauffage et d’électricité. Il faut avoir conscience que sans le soutien inconditionnel d’une très large majorité en Europe – en tête l’UE et les pays européens membres de l’OTAN – l’Ukraine ne serait plus un État fier et indépendant. Malgré toutes les souffrances, l’armée et le peuple ukrainiens tiennent bon. Pas question de céder du terrain à l’agresseur russe. Il est donc d’autant plus fatal, voire honteux, que la Hongrie et la Slovaquie bloquent, pour des raisons purement nationalistes (lire en page 2), de nouvelles sanctions contre la Russie et un nouveau soutien financier pour l’Ukraine.