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L’énergie éolienne en discussion à Hambourg


Le rendez-vous avait pour objectif de se libérer des dépendances énergétiques étrangères. (Photo : afp)

Le Luxembourg a participé au troisième sommet sur la coopération énergétique et sécuritaire dans la région de la mer du Nord à Hambourg.

Des dirigeants européens ont promis ce lundi à Hambourg d’accélérer leur coopération pour produire de l’énergie éolienne en mer du Nord, afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique du continent et d’écarter tout retour au gaz russe. Le Premier ministre, Luc Frieden, et le ministre de l’Économie, Lex Delles, étaient présents lors de ce rendez-vous. Bien que le Luxembourg ne soit pas un pays riverain de la mer du Nord, il est directement concerné par les décisions qui y sont prises. En tant qu’économie fortement industrialisée et importatrice nette d’énergie, le pays a un intérêt stratégique à promouvoir une approche concertée visant à renforcer les interconnexions, diversifier les sources d’énergie et soutenir la transition vers un système énergétique plus durable et résilient, a rappelé le gouvernement en marge de ce sommet..

Ce troisième sommet sur la coopération énergétique et sécuritaire dans la région de la mer du Nord, s’est tenu dans un contexte diplomatique de tensions, du fait de la menace russe et des ambitions américaines pour le Groenland, également au centre des débats. Dans cette zone stratégique, les Européens veulent accélérer le déploiement de l’éolien en mer, un défi industriel colossal pour la décarbonation du continent.

Les ministres de l’Énergie belge, danois, français, allemand, islandais, irlandais, luxembourgeois, néerlandais et norvégien ont signé lundi une déclaration commune pour créer «le plus grand pôle mondial d’énergie propre». Lors de la deuxième édition de ce sommet en 2023, les pays participants étaient convenus de développer en mer du Nord jusqu’à 300 gigawatts de capacité énergétique d’ici à 2050, avec un objectif intermédiaire de 120 GW pour 2030, jusqu’à présent en passe d’être manqué, selon les experts du secteur.

«Sécurité des approvisionnements»

Le nouvel accord prévoit que l’Allemagne, la Norvège, la France, le Danemark et le Royaume-Uni lancent une «flotte sans précédent» de projets d’éolien offshore, représentant une capacité totale de 100 GW, selon un communiqué séparé du ministère britannique de l’Énergie qui ne précise pas le calendrier. Cette production équivaut aux besoins électriques de près de 100 millions de foyers. L’accord doit permettre la «résilience» et la «sécurité des approvisionnements» de l’Europe, a déclaré Katherina Reiche, ministre allemande de l’Économie et de l’Énergie. «Le sommet a dépassé les attentes en matière d’annonces politiques» et industrielles, assure Nick Mabey, directeur du think-tank climatique E3G à l’AFP. Mais il attend désormais de l’action, car jusqu’ici il déplore «une approche très nationale» en Europe sur l’éolien offshore et une coopération «qui n’a pas lieu» entre les ministères de la Défense et de l’Énergie. L’Allemagne et le Danemark se sont également mis d’accord sur un projet baptisé «île énergétique de Bornholm» qui vise à faire de l’île de Bornholm, située en mer Baltique, un centre névralgique pour l’énergie éolienne offshore.

L’éolien a gagné en importance avec la décision des Européens, à la suite de l’invasion de l’Ukraine en 2022, de ne plus être dépendants du gaz russe, malgré la flambée des prix de l’énergie que cela a entraîné. «Nous envoyons un signal très clair à la Russie : nous ne vous laisserons plus utiliser l’énergie contre nous», a déclaré Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie. «Cette menace en provenance de l’Est est toujours présente. S’y rajoute un défi en provenance de l’Ouest, avec un partenaire américain qui peut se montrer imprévisible», a déclaré le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, alors que de nombreux pays, dont l’Allemagne, s’approvisionnent en gaz liquéfié aux  États-Unis.

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