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Russes, Ukrainiens et Américains vont se réunir vendredi à Abou Dhabi


Le président ukrainien a déclaré «qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les États-Unis». (Photo : afp)

La Russie, l’Ukraine et les États-Unis vont tenir une réunion trilatérale vendredi à Abou Dhabi, a annoncé dans la nuit le Kremlin après un entretien à Moscou entre le président Vladimir Poutine et l’émissaire américain Steve Witkoff.

«Il a été convenu que dès aujourd’hui, la première réunion d’un groupe de travail trilatéral chargé des questions de sécurité aura lieu à Abou Dhabi», a déclaré tôt vendredi à la presse le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov. L’équipe russe, menée par le général Igor Kostioukov, haut responsable de l’état-major, «se rendra dans les prochaines heures à Abou Dhabi», a-t-il dit.

Selon Kiev, l’Ukraine sera représentée par le secrétaire du Conseil de sécurité Roustem Oumerov, son chef de cabinet Kyrylo Boudanov et son chef-adjoint Serguiï Kyslytsia, par le chef du parti présidentiel David Arakhamia et par le chef d’état-major des forces armées, le général Andriï Gnatov. Iouri Ouchakov a souligné que l’entretien jeudi entre Poutine et Witkoff à Moscou avait été «utile à tous points de vue», notamment pour permettre cette trilatérale.

«Les Américains ont beaucoup fait pour préparer cette réunion et ils espèrent qu’elle sera un succès et ouvrira des perspectives pour avancer sur l’ensemble des questions liées à la fin du conflit» en Ukraine, a souligné Iouri Ouchakov, évoquant des pourparlers «très substantiels» avec Witkoff.

Une autre rencontre, consacrée aux questions économiques, aura lieu également vendredi à Abou Dhabi entre Steve Witkoff et l’émissaire du Kremlin aux questions économiques internationales, Kirill Dmitriev, a-t-il précisé. «Nous sommes sincèrement intéressés par un règlement (du conflit) par les moyens politico-diplomatiques», a assuré Iouri Ouchakov. Mais «tant que ce n’est pas encore le cas, la Russie va continuer d’atteindre ses objectifs (…) sur le champ de bataille», a-t-il ajouté.

Garanties de sécurité

Steve Witkoff, qui était accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, s’est entretenu avec Vladimir Poutine pendant plus de trois heures et demie. L’émissaire a déjà rencontré le président russe à plusieurs reprises depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine. Depuis Davos,  Witkoff avait auparavant vanté les progrès «significatifs» accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens. «Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point», a-t-il déclaré.

À Davos, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est brièvement entretenu jeudi avec Donald Trump et a évoqué devant la presse une rencontre «positive», mais un dialogue «pas simple». Il a toutefois assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les États-Unis à l’Ukraine pour dissuader la Russie d’attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit. «Les garanties de sécurité, c’est prêt», a-t-il déclaré, indiquant que «le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux».

Volodymyr Zelensky a en revanche dit que l’épineuse question des territoires de l’est de l’Ukraine revendiqués par Moscou n’est «pas encore résolue». «Sans règlement de la question territoriale (…), il ne faut pas compter obtenir un règlement à long terme», a répété vendredi le conseiller diplomatique du Kremlin après la réunion entre Poutine et Witkoff.

Un discours particulièrement dur

Des négociations directes entre la Russie et l’Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n’avaient abouti qu’à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats, sans régler le conflit. La Russie exige un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l’est industriel de l’Ukraine, et un engagement de Kiev à ne pas adhérer à l’OTAN. Elle a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d’électricité et de chauffage massives, notamment dans la capitale, par des températures glaciales.

De plus en plus critique envers les Européens ces dernières semaines, Volodymyr Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe «fragmentée» et «perdue» lorsqu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump et manquant de «volonté politique» face à Vladimir Poutine.

Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, «qu’aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les États-Unis».

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