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[Basket] Laurent Majerus : «Je me suis dit : il est temps d’arrêter»


Laurent Majerus a décidé de ne pas se mentir à lui-même : il n'a plus la même envie qu'avant. Du coup, il décide honnêtement de dire stop. (photo archives Editpress/Gerry Schmit)

Laurent Majerus a décidé de remiser ses sneakers au placard. À 30 ans, l’intérieur de devoir, ancien international, qui a connu quatre clubs dans sa longue carrière, n’avait plus la motivation nécessaire.

Sa décision

«Déjà, je tiens à dire que cette décision n’a rien à voir avec le T71. Ken (Diederich) est un super coach, j’ai des coéquipiers géniaux que j’adore. Je suis dans les meilleures conditions possibles. Mais justement, si malgré tout ça je constate que je n’ai plus envie, que la motivation n’est plus là et que cela me demande un trop grand effort chaque jour pour aller m’entraîner, voire pour aller jouer les matches, cela veut dire qu’il est temps d’arrêter.»

Sa carrière

«Quand je regardais des joueurs comme Guy Schmit aux Pikes ou Nelson Delgado à Etzella, je me suis toujours dit que j’adorerais être comme eux et rester toute ma carrière dans un seul club. D’ailleurs, je pensais rester à Contern pour toujours et finalement j’ai connu quatre clubs. Et à chaque fois que j’ai changé, cela m’a permis de faire de nouvelles rencontres, de connaître de nouvelles personnes. J’étais parti un an pour mes études au Canada et quand je suis revenu à Contern, tout avait changé. Frank Baum, l’entraîneur national, m’a convaincu de rejoindre les Pikes, j’y suis resté trois saisons. Puis j’ai rejoint Gréngewald pour jouer plus et j’ai également passé trois saisons là-bas. Et maintenant, cela fait deux ans que je suis au T71. Alors que je pensais arrêter à Gréngewald, Pascal Meurs est venu me chercher et m’a convaincu de rejoindre Dudelange. À mes yeux, il n’était pas possible de rester seulement une saison dans un club. Il faut au moins deux ou trois ans pour faire la connaissance de tout le monde, les personnes de la buvette, tous les bénévoles grâce à qui tout cela fonctionne et sans qui rien ne serait possible. J’ai toujours été impressionné par ce qu’ils font pour leur club.»

Le coronavirus

«Je pense que j’étais le seul joueur à être content que la saison s’arrête plus tôt. Il était clair que je ne ferais pas une saison de plus mais également que j’irais au bout de celle-là. Je me souviens qu’on était à l’entraînement un jeudi et Ken nous a dit qu’il ne savait pas quand on pourrait rejouer. Pour lui, c’était clair que c’était la fin de la saison. Moi aussi. Du coup, j’ai laissé mes chaussures à un rookie (NDLR : Dino Ceman). C’était symbolique. Le basket, c’était terminé pour moi.»

Son premier souvenir

«C’était en 2009. Tous les matches se ressemblaient : nous, les jeunes, on débutait sur le banc et à partir du troisième ou quatrième quart, quand il y avait +20 ou +30, on entrait en jeu. Je me rappelle qu’on avait joué zone tout au long de la saison, nos adversaires détestaient ça, mais ça nous a réussi. On n’avait qu’un seul Américain à l’époque, Brandon Gary, et on croyait que c’était facile. Ce n’est qu’après les départs de Ken Diederich ou Yves Braun qu’on a commencé à perdre beaucoup de matches, à tel point qu’on est redescendus en Nationale 2. Et là, on s’est rendu compte à quel point c’était difficile de jouer dans l’élite.

Son meilleur souvenir

«La saison dernière, lors du dernier match avant Noël, on jouait à la maison face à l’Amicale et Frank (Muller) était blessé. J’ai dû le remplacer. Avant le match, Pascal Meurs m’avait demandé d’écrire ce que je voulais faire lors de cette rencontre et j’avais écrit : « courir, courir, courir ». J’ai couru, couru, couru et j’ai eu beaucoup de paniers faciles. Je ne m’attendais pas à ça, mais je voulais montrer que je pouvais aider et qu’on pouvait l’emporter, même en l’absence de Frank. C’est lors de ce match aussi que j’ai marqué mon plus beau dunk, après avoir piqué la balle à Bobby Melcher, ce qui n’était pas courant. Ça reste un très grand souvenir avec, peut-être, un tir au buzzer victorieux contre Kordall avec Gréngewald.»

Son pire souvenir

«Ce qui reste gravé dans ma mémoire, c’est notre descente avec Contern. Avant le match, une dame vient me voir et je lui promets qu’on va se maintenir. Malheureusement, on n’y parvient pas. Juste après la rencontre, je monte la voir et elle me dit que je ne dois pas faire des promesses que je ne peux pas tenir. C’est là aussi que je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de gens derrière qui comptent sur nous. Je me rappelle que dans le journal on nous voyait moi et Tom Kaiser en train de pleurer.»

Son pire adversaire

«Je me rappelle d’un match alors que je jouais aux Pikes et qu’on affrontait l’Amicale. Je me suis retrouvé face à Alex Laurent et je n’avais tout simplement aucune réponse pour l’empêcher de marquer. Je ne pouvais rien faire du tout contre lui.»

Ses coéquipiers

«J’ai du mal à me souvenir de tous. Ce que je peux dire, c’est que sur mes deux dernières saisons à Dudelange, j’ai rencontré des mecs super sympas. Notamment Vincent Sunnen, qui est devenu un très bon pote, ou encore Kevin Moura, qui nous a rejoints cette année. J’ai côtoyé tout au long de ma carrière des gens incroyables. À Grégenwald, Yannick Julien, c’est une légende. Il a 35 ans et il ne s’arrête jamais ! Je me rappelle qu’à la fin de l’entraînement, à 22 h, il était en train de demander si on ne voulait pas faire encore un match !»

Ce qui va lui manquer… ou pas

«Forcément, ne plus être avec les coéquipiers, ça ne va pas être facile. Pendant toute la saison, on se plaint de se voir chaque soir, on se donne des coups, on se déteste. Mais en été, on se rend déjà compte qu’il manque quelque chose et que notre routine n’est plus la même. En revanche, si on me demande ce qui ne va pas me manquer, à 100 % je réponds les entraînements.»

Son avenir

«La période est compliquée. C’est le moment où toutes les équipes se renseignent, te demandent de les rejoindre, mais je dis non à tout. J’ai coaché chez les jeunes dans plusieurs équipes et, en tant qu’enseignant, si je devais continuer sur cette voie, ce serait avec des enfants. Mais pas pour le moment en tout cas. C’est dur de transmettre si la passion n’est plus là.»

Un autre sport ?

«J’ai commencé à courir. J’ai déjà fait deux semi-marathons, mais en 2 h 10 et 2 h 18 on ne peut pas parler de grande performance. Maintenant, je viens de recevoir une smartwatch et je vais m’entraîner pour faire un semi en moins de 2 heures. Sinon, je fais aussi du squash, du tennis, bref toutes les choses que je ne pouvais pas faire parce que j’avais entraînement.»

Son message

«Je n’ai pas pu terminer ma carrière sur un match et du coup, je n’ai pas eu la chance de dire au revoir et merci à tout le monde à Dudelange. À mes coéquipiers, aux supporters et aux bénévoles. Du coup, je le fais par voie de presse. Au revoir et merci pour tout !»

Entretien avec Romain Haas

Jo Hoeser débarque au T71

Le T71 perd un joueur, mais en gagne un autre.

En effet, alors que Laurent Majerus a annoncé qu’il raccrochait, on apprend que Jo Hoeser s’est lui engagé avec Dudelange.

Le joueur de 26 ans, qui a tout gagné avec l’Amicale, est le troisième joueur steinselois à quitter le navire après Max Schmit (Kordall) et Yann Wolff (Etzella).

Sans oublier que Bobby Melcher, joueur emblématique s’il en est des Fraisiers, a lui signé au Racing après un an d’absence pour cause d’études à Berlin.

R. H.

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