[Mondial-2026] Si la France est venue à bout d’un Paraguay très rugueux (1-0) pour rallier les quarts, la mansuétude de l’arbitre ouzbek Ilgiz Tantashev envers les Sud-Américains agite les débats.
«Je n’avais jamais joué un match comme ça, avec autant de coups, de coups en traître, de poussées dans le dos. C’était compliqué, mais on a gagné», a apprécié Bradley Barcola en zone mixte à la fin de la rencontre. L’arbitre ouzbek n’a cependant distribué aucun avertissement aux Sud-Américains, là où les Français repartent avec trois cartons et autant de cadres (Barcola, Olise et Koné) risquant une suspension en demi-finale en cas de nouveau jaune face au Maroc en quarts.
Zlatan aurait «pris quatre cartons rouges»
«Je n’ai rien à dire sur l’arbitrage. Vous avez vu par vous-même, il y a eu 30, 40 fautes, et zéro carton jaune», a déploré Rayan Cherki, entré dans une fin de rencontre électrique où les Paraguayens jouaient autant avec les mains qu’avec les pieds.
«Je ne comprends pas comment les Paraguayens s’en sortent sans carton. Je trouve que l’arbitre n’a pas été à la hauteur de l’affiche», a analysé l’ancien arbitre international Bruno Derrien, louant le calme des Français face aux «petits coups vicieux» de leurs adversaires qui auraient pu les faire réagir et «être sanctionnés, voire même exclus».
«Tous les coups que j’ai pris, il ne fallait pas que je réponde, il ne fallait pas que je rentre dans ce jeu-là», a analysé Barcola, averti dès la 19e minute de jeu. «J’aurais pris quatre cartons rouges dans ce match», a reconnu sur le plateau de Fox Sports l’ancien attaquant star suédois Zlatan Ibrahimovic.
Ne mâchant pas ses mots à l’encontre du football proposé par les joueurs de l’Albirroja, la presse internationale n’a pas non plus été tendre avec l’arbitre. La RTBF revient sur « la cataclysmique performance d’Ilgiz Tantashev », quand le journal espagnol AS dépeint «un arbitre ouzbek qui a confondu tolérance et inaction».
Si le journal L’Équipe lui a attribué la note de 1/10 «sans chauvinisme mal placé», la presse paraguayenne a volé à son secours, ABC évoquant «une prestation correcte et sobre» de l’officiel ouzbek. «Il a laissé le jeu se dérouler, a fait preuve d’un jugement équilibré tout au long de la rencontre et a dirigé le match sans heurts», a poursuivi le journal sud-américain.
L’Écosse avait déjà dénoncé son indulgence
Âgé de 42 ans et arbitre de la dernière finale de Ligue des champions asiatique, M. Tantashev participe à sa première Coupe du monde, après avoir officié lors des JO-2024, où il avait déjà eu du mal à tenir une fin de rencontre bouillante entre la France et l’Argentine. Avant ce France – Paraguay, il avait déjà arbitré deux rencontres du Mondial-2026, dont l’affrontement entre le Maroc – Écosse (1-0), où la Tartan Army avait déjà dénoncé sa trop grande indulgence.
«Laisser jouer, c’est un peu la philosophie de cette Coupe du monde. Mais dans les limites de l’acceptable, tant que le jeu ne dégénère pas», a analysé Bruno Derrien. Mais M. Tantashev «était beaucoup trop permissif. Vous ne pouvez pas trop laisser jouer quand vous sentez que le climat devient délétère sur un terrain. Il faut sanctionner», a estimé celui qui a officié en Ligue 1 et en Coupe d’Europe au début des années 2000.
Un avis que ne partage pas Orlando Gill. Le gardien de l’Albirroja a rejeté l’idée que le Paraguay ait été trop rugueux. «C’est le football, s’ils ne sont pas habitués à ça, qu’est-ce que vous voulez qu’on y fasse», a-t-il affirmé. «Le Paraguay, c’est comme ça, c’est une sélection dure» qui «dès le premier instant, s’est donné pour objectif de montrer qu’elle est dure sur le terrain, que si le ballon passe, le joueur ne passe pas, et je crois que l’équipe l’a montré», a-t-il résumé.
S’il a peu apprécié que Mbappé ne le salue pas à la fin du match, Gill a par ailleurs félicité la France, qui compte «des joueurs rapides, ils sont allés chercher un penalty et (l’arbitre) le leur a accordé», a-t-il dit, laissant transparaître sa frustration face à la décision arbitrale. Même dans le camp paraguayen, M. Tantashev ne s’est pas fait que des amis…
Sans vouloir accabler l’arbitrage du 8e de finale du Mondial face au Paraguay (1-0), le sélectionneur de la France, Didier Deschamps, a regretté samedi les insultes échangées au cours d’un match très fermé et engagé. «Je ne vais pas critiquer l’arbitre, mais on finit le match avec trois cartons jaunes alors que j’ai vu beaucoup de choses. Je ne vais pas critiquer le Paraguay, chaque équipe joue comme elle peut, mais les insultes, je m’en serais bien passé. Le plus important, c’est qu’il n’y ait pas d’embrouilles à la fin. Mais c’est de la littérature, puisqu’on est qualifiés», a-t-il déclaré en conférence de presse.
«C’était un match engagé, agressif avec beaucoup de temps morts, mais les joueurs étaient préparés à ça. Je suis content que les joueurs aient gardé leur maîtrise, ça va servir d’expérience. On savait qu’on allait avoir un match particulier. Je suis convaincu que ça nous servira. On a gardé nos nerfs et c’était quelque chose qui était essentiel. C’était un match (où il fallait mettre les mains) dans le cambouis», a ajouté le technicien.
Le sélectionneur argentin du Paraguay, Gustavo Alfaro, a lui défendu le style de jeu accrocheur de son équipe. «Sur le terrain, nous nous battons comme des lions et défendons ce que nous estimons être à nous, a-t-il indiqué. Il nous a fallu 16 ans pour retrouver la Coupe du monde. Mbappé, lui, est devenu champion du monde dès sa première participation, a atteint la finale lors de la deuxième et, aujourd’hui, il est en lice pour le titre de meilleur buteur.»