Toujours en quête d’un titre en Grand Chelem à 29 ans, l’Allemand a une occasion inespérée d’arriver à ses fins à Roland-Garros tandis que l’Italie, nouvel empire du tennis, est assurée d’avoir un représentant en finale.
Depuis les éliminations du n° 1 mondial Jannik Sinner au deuxième tour et de Novak Djokovic (4e) au troisième, qui se sont ajoutées au forfait du double tenant du titre Carlos Alcaraz, Alexander Zverev est promu au rang de favori par la presse. Une étiquette que l’Allemand, battu trois fois en finale de Grand Chelem, dont une à Roland-Garros (2024), s’est escrimé à décoller.
«Je me concentre sur le prochain match, sur mon adversaire, ce sont les seules choses que je puisse contrôler», a-t-il évacué, lui qui ouvrira le bal des demi-finales vendredi face à Jakub Mensik, un adversaire davantage à sa portée que les trois superstars du tennis mondial. Zverev a d’ailleurs battu le Tchèque lors de leur unique confrontation, sur la terre battue de Madrid, le mois dernier en huitièmes de finale.
Dans ce tournoi parisien plein de surprises, le n° 3 mondial «est évidemment le favori pour l’emporter», assure l’ex-n° 1 mondial américain John McEnroe, finaliste en 1984. «C’est l’occasion ou jamais, mais il va ressentir la pression» pressent cependant le septuple vainqueur de tournois du Grand Chelem.
Résister à cette pression sera l’une des clés pour Zverev qui a déjà manqué des occasions en Grand Chelem : lors de sa première finale à l’US Open en 2020 quand il a remporté les deux premiers sets contre Dominic Thiem, avant que l’Autrichien ne renverse le match, ou encore à Paris en 2024 lorsqu’il menait deux sets à un devant Alcaraz avant que l’Espagnol n’inverse la tendance pour s’emparer du trophée.
Lors de sa dernière finale majeure, l’an passé à Melbourne, l’Allemand s’était en revanche incliné sans marquer un set face à Sinner et court donc toujours après ce premier sacre en Grand Chelem qui viendrait auréoler un palmarès pourtant déjà flatteur. Y figurent deux victoires au Masters de fin d’année, une médaille d’or olympique (2021) et sept Masters 1000, les tournois situés juste en dessous des Majeurs dans la hiérarchie.
L’écueil Mensik
Pour se rapprocher de son objectif ultime, Zverev devra d’abord maîtriser Mensik qui, à 20 ans, a déjà prouvé sa capacité à répondre présent dans les grandes occasions. Le Tchèque a ainsi remporté le Masters 1000 de Miami 2025 (dur) aux dépens de la légende serbe Djokovic.
À Paris en début de quinzaine, Mensik était passé tout près de l’élimination contre l’Argentin Mariano Navone (38e). Finalement vainqueur 13/11 au super tie-break, le 27e mondial avait terminé le match perclus de crampes, un temps incapable de se relever pour aller saluer son adversaire dans une chaleur accablante. Mais «plus le tournoi avance, mieux je joue», a-t-il prévenu.
Le vainqueur de cette première demi-finale affrontera à coup sûr un Italien, Flavio Cobolli (14e) ou Matteo Arnaldi (104e). Malgré la défaite précoce de Sinner et le forfait du n° 2 transalpin Lorenzo Musetti, leurs compatriotes ont pris le relais, prouvant encore une fois la profondeur du vivier en Italie, lauréate des trois dernières éditions de la Coupe Davis.
Contraint à l’abandon mercredi en raison d’une blessure à la hanche gauche, le Romain Matteo Berrettini complétait le contingent «azzurro» en quarts de finale de Roland-Garros. «On doit se réjouir pour le tennis italien», qui n’avait encore jamais placé simultanément trois représentants en quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem, a estimé Cobolli.
Sur le circuit principal, Arnaldi et Cobolli se sont affrontés deux fois sur terre battue, pour une victoire chacun. Le premier avait gagné en deux sets en 2023 à Umag (Croatie), avant que Cobolli ne prenne sa revanche en quatre sets au deuxième tour du dernier Roland-Garros. «On se connaît très bien, a souligné Arnaldi. On s’est beaucoup joués depuis qu’on a 11, 12 ans. J’espère que ça va être une belle bagarre!»