Traumatisée par les deux fiascos en Russie en 2018 et au Qatar en 2022, l’Allemagne de Julian Nagelsmann s’avance sur la pointe des pieds vers l’Amérique du Nord, où elle aura un statut d’outsider.
Et pourtant, lorsque l’on s’appelle la Mannschaft et que l’on est quadruple championne du monde (1954, 1974, 1990, 2014), l’objectif ne peut être que de vouloir décrocher une cinquième étoile. Ce que le sélectionneur Julian Nagelsmann a encore répété lors de la présentation de sa liste de 26 joueurs, il y a une semaine.
« Ne pas décevoir nos supporters »
« C’est un énorme défi pour nous tous, et nous allons le relever. Je suis ultra motivé, les gars sont ultra motivés, et le staff aussi. Le point le plus important, c’est la conviction. Nous voulons devenir champion du monde. Mais cela demande énormément, a-t-il dit. Chaque joueur qui a été retenu est dans l’obligation de le montrer chaque jour et de tout faire pour l’équipe chaque jour. Nous devons poser des actes, nous devons passer à l’action. »
Pour essayer d’y parvenir, Nagelsmann a rappelé le gardien de but Manuel Neuer, champion du monde 2014 et sorti à 40 ans de sa retraite internationale annoncée il y a deux ans. « Nous ne voulons pas décevoir nos supporters en Allemagne », a estimé de son côté le directeur sportif de la Mannschaft Rudi Völler, qui forme avec Nagelsmann un duo harmonieux depuis l’automne 2023.
« Ces derniers jours, j’ai répété ma phrase favorite : ne pas dire que nous allons forcément devenir champions du monde, mais que nous aurons sur le terrain une équipe que Julian préparera bien et qui sera difficile à battre », a souligné le champion du monde 1990.
La première rencontre face à Curaçao, novice à la Coupe du monde, le 14 juin, devra idéalement lancer le tournoi des Allemands, qui devront néanmoins se souvenir des précédentes déconvenues face à des adversaires supposé plus faibles, contre le Japon (défaite 2-1) et contre le Mexique (revers 1-0), prémices des déroutes en 2022 et 2018.
« Si nous jouons à notre potentiel… »
Le souffle de l’Euro-2024, avec une cruelle élimination par l’Espagne (2-1) au bout de la prolongation en quarts de finale, s’est prolongé sur la Ligue des nations 2024/2025, mais le Final 4 organisé à Munich et Stuttgart en juin 2025 a montré certaines limites allemandes, notamment défensives, par rapport aux meilleures nations européennes (défaites contre le Portugal et la France).
Mis sous pression d’entrée lors de la courte phase de qualification à l’automne avec une défaite en Slovaquie (2-0), la quatrième seulement en 103 matches en éliminatoires du Mondial, les coéquipiers de Joshua Kimmich ont ensuite corrigé le tir. « Nous avons une bonne équipe, un bon sélectionneur et si nous jouons à notre potentiel, nous avons à coup sûr une chance, mais je ne dirais pas que nous sommes les favoris », a prudemment avancé Florian Wirtz dans un entretien à The Athletic.
« L’Allemagne est une nation de foot. Et même si l’on ne débute pas le tournoi parmi les grands favoris, nous avons la qualité pour battre n’importe quelle nation, a glissé de son côté Lothar Matthäus, capitaine des champions du monde 1990, dans sa chronique pour Sky. Mais pour cela, on a besoin d’une équipe soudée, concentrée sur l’essentiel. C’est exactement la mission qui nous attend, sur et en dehors du terrain. »