[LIGUE DE CHAMPIONS, FINALE] En remportant une deuxième C1 d’affilée samedi, le Paris SG commence à penser rejoindre les glorieux Ajax Amsterdam, Bayern Munich ou Real Madrid du passé.
Ils n’étaient pas rassasiés. Alors qu’Arsenal chassait son premier titre en Ligue des champions, ce sont bien les Parisiens, au bout d’une séance de tirs au but étouffante à Budapest (1-1, 4-3 tab), qui ont montré le plus de détermination au moment de conclure une compétition que les deux finalistes avaient légitimité à remporter.
À l’origine de ce doublé mémorable, seulement réussi dans l’ère moderne de la Ligue des champions par le Real Madrid de Zidane (qui réalisa même un triplé de 2016 à 2018), la vision d’un homme, Luis Enrique.
«L’avenir du foot va vers moins de contrôle»
L’entraîneur parisien, qui avait déjà gagné la Ligue des champions avec Barcelone en 2015, a su transformer la joie du titre de 2025 en appétit insatiable, qu’il a transmis sans peine à ses joueurs.
L’ancien sélectionneur de l’Espagne avait, pendant la Coupe du monde des clubs l’été dernier, tonné que le PSG ne devait pas s’arrêter en si bon chemin et devait devenir «dominant» en Europe. Il savait que son groupe avait la jeunesse, le talent et la mentalité nécessaires pour briller sur la longue durée.
Malgré une coupure d’été de seulement trois semaines, les joueurs se sont vite remobilisés, clamant comme le capitaine Marquinhos leur «faim» de titres. «Une fois que tu as goûté à ce moment-là, tu as tellement envie de le revivre», a confié le Brésilien vendredi.
Luis Enrique lui-même s’est remis en question. «Tu dois changer tout le temps sinon c’est très facile de te marquer des buts, de te contrôler. L’avenir du foot va vers moins de contrôle pour chercher à surprendre l’adversaire, être imprévisible», analyse-t-il.
«Pour être honnête, j’ai aimé tous les matches de Ligue des champions du PSG cette saison», a assuré Luis Enrique. «On y a montré quel type d’équipe nous sommes, on a dominé la majorité de nos matches, et on a su souffrir aussi», à l’image de la finale remportée face à Arsenal qui a ouvert le score précocement et dressé un mur en défense le reste du temps.
Savoir souffrir semble la condition sine qua non à la formation des géants, comme l’a prouvé le Real Madrid sous Zidane, quand il réchappait de justesse de l’élimination encore et encore, pour en sortir plus fort. Le FC Barcelone de Pep Guardiola, vainqueur en 2009 et 2011, dont le PSG est sans doute plus proche du point de vue stylistique, est lui aussi passé par de sacrés coups de chaud avant de triompher.
Dembélé sollicité, Barcola des envies de statut?
«Je pense que cette année on est plus forts parce qu’on a eu l’expérience de l’année passée», témoigne le milieu portugais du PSG João Neves. Le PSG n’a pas paniqué quand il était en danger, puisque le sacre de 2025 lui a prouvé qu’il pouvait tout emporter, comme en finale contre l’Inter Milan (5-0).
Ainsi donc, ce PSG jeune, fort et discipliné ne peut que se bonifier avec le temps et l’expérience s’il maintient ses ambitions. Pour le mesurer, il faudra guetter désormais les petites phrases et le langage du corps.
Cela dépendra aussi des éventuelles envies d’ailleurs chez certains cadres. De l’avenir de Marquinhos après 13 ans au club se pose, des sollicitations faites à Ousmane Dembélé, qui candidate à un second Ballon d’or, ou d’un Bradley Barcola qui pourrait être tenté d’aller chercher un statut de titulaire ailleurs.
Le PSG a en tout cas déjà écrit quelques-unes des plus belles pages du football mondial et, ce n’est pas rien, conquis un peu plus que des titres : des fans. Selon l’ancien défenseur parisien Mamadou Sakho, «tous les amoureux du football aiment allumer leur télé et voir une équipe jouer comme ça».
«Nous devons accepter cette douleur» afin de revenir plus forts, a déclaré l’entraîneur d’Arsenal Mikel Arteta après la défaite contre ce qu’il qualifie de «meilleure équipe du monde, ce qu’ils sont capables de faire avec le ballon, c’est du jamais vu».