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[Football] Gianni Infantino, le triomphe du gigantisme… jusqu’à quand?


Après un Mondial des clubs à 32 équipes, la FIFA et son boss Gianni Infantino étendent cette année la Coupe du monde à 48 nations... et bientôt 64? (Photo : AFP)

[Mondial-2026] Avec 104 matches, le tournoi voit triompher l’expansionnisme du boss de la FIFA. Mais la géopolitique et les contestations judiciaires menacent de troubler sa quête d’un nouveau mandat.

Porté à la tête du foot mondial en 2016, reconduit sans opposition en 2019 et 2023, Gianni Infantino a déjà donné rendez-vous aux délégués des 211 fédérations membres de la FIFA le 18 mars 2027, à Rabat, pour étendre son règne. Sur sa route, le plus grand test de chaque mandat : la Coupe du monde masculine, machine à cash historique de la FIFA, étendue cette année de 32 à 48 sélections et partagée pour la première fois entre trois pays, les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Ce gigantisme porte la marque d’Infantino, qui n’a cessé d’œuvrer pour étendre les compétitions de la FIFA, jusqu’à imposer l’été dernier un premier Mondial des clubs à 32 équipes, d’une dotation globale d’un milliard de dollars, qui a un peu plus éreinté des joueurs soumis à un calendrier déjà très dense. En faisant flamber billetterie, droits TV et sponsoring, il promet de gonfler de 72 % les revenus de l’instance en 2023-2026 par rapport au cycle précédent.

Électoralement, il réjouit 16 fédérations de plus en les conviant en phase finale – en attendant un possible Mondial-2030 à 64 équipes, proposition sud-américaine que la FIFA n’a pas écartée –, et s’apprête surtout à arroser encore plus généreusement la planète football.

Élogieux avec Trump… mais pour quel résultat?

Or la capacité de redistribution de la FIFA est, de très loin, l’atout maître de tout président en place : chaque fédération dispose d’une voix et se voit garantir les mêmes fonds, quelle que soit sa taille – un bonus appréciable pour quelques grands pays, mais une manne indispensable pour l’immense majorité des votants.

Si chaque Mondial implique de s’entendre avec le pays hôte, Gianni Infantino a poussé particulièrement loin les efforts pour amadouer le président américain, Donald Trump, entre éloge de sa politique intérieure et attribution d’un « prix FIFA de la paix » inventé pour l’occasion.

Longtemps, même les détracteurs de l’Italo-Suisse de 56 ans ont jugé cette stratégie rationnelle, tant la bonne tenue du tournoi – sécurisation, accueil des équipes et de leurs supporters, fiscalité – dépend de l’imprévisible dirigeant républicain. « Avec un État qui fait la pluie et le beau temps à l’échelle mondiale, le pouvoir de négociation est réduit », résume Raffaele Poli, directeur de l’Observatoire du football au CIES de Neuchâtel.

Mais pour quel résultat? Attaqué fin février par les États-Unis et Israël, l’Iran vient de replier son camp de base au Mexique et s’est tourné vers la FIFA, sans nouvelles pour l’heure, pour que Washington garantisse à ses joueurs des visas « à entrées multiples » pour leurs trois rencontres à Los Angeles et Seattle.

« La gouvernance de la FIFA est complètement foutraque : tout le monde attend que Gianni appelle Trump. Leur proximité aurait dû permettre des résultats rapides, mais tout prend un temps fou », raconte une source proche des instances du football. Même l’assouplissement mi-mai par Washington du système de caution pour les demandes de visa – jusqu’à 15 000 dollars pour les ressortissants de 50 pays – arrive « bien trop tard pour les supporters concernés », déplore cette source.

L’ombre judiciaire s’étend aux USA

La tarification instaurée par la FIFA, variable selon l’offre et la demande et sans garantie sur l’emplacement des sièges, promet de plus que tripler les recettes de billetterie – au prix de procédures « opaques et déloyales », dénonce depuis des mois l’organisation Football Supporters Europe (FSE).

En mars, FSE a saisi la Commission européenne d’une plainte pour « abus de position de monopole », soit déjà la deuxième procédure bruxelloise menaçant la FIFA avec celle enclenchée en 2024 par les ligues européennes et le syndicat FIFPro sur le calendrier international.

Et les litiges dépassent désormais l’Europe, puisque les procureures générales de New York et du New Jersey viennent d’ouvrir une enquête sur ces « pratiques de billetterie », invitant également les habitants des deux États à déposer plainte s’ils s’estiment lésés. « La FIFA nous a répété qu’ils s’adaptaient à la réalité du marché américain. S’il s’avère qu’ils ne sont même pas en conformité avec le droit local, on est en pleine contradiction », relève Ronan Evain, le directeur exécutif de FSE.

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